Lancé fin 2000, le Nokia 3310 avait été l’un des best-sellers du groupe finlandais, avec plus de 120 millions d’exemplaires écoulés sur la planète. Dix-sept ans plus tard, il ne reste quasiment plus rien de Nokia. Microsoft, qui avait acquis la société, a cédé les droits pour la marque des téléphones à la société finlandaise HMD Global. Discrètement, celle-ci a lancé plusieurs téléphones tout simples, loin des smartphones haut de gamme que proposent Apple, Samsung ou Sony. Et depuis quelques semaines, la marque Nokia propose une version 2017 du téléphone 3310. Difficile de savoir s’il y a eu rupture de stock à cause de la demande ou pénurie organisée par le fabricant: il a été difficile de trouver cet appareil à son lancement. Nous l’avons testé ces derniers jours. Il nous a été prêté par Digitec.

Au niveau de l’apparence, l’appareil est réussi. Il est sensiblement plus léger (80 grammes) que son prédécesseur (133 grammes), plus fin, et l’on apprécie ses bords très arrondis et la qualité des touches. Oui, le Nokia 3310 a toujours des touches et son écran n’est pas tactile, comme la version 2000. Par contre, l’écran du dernier modèle affiche des couleurs. Il n’est pas facile d’ouvrir le dos du téléphone pour insérer une carte SIM ou changer la batterie. L’autonomie sera le grand atout du Nokia 3310: son autonomie, avec une utilisation normale, dépasse la semaine. Mais cela n’a rien de surprenant, vu le faible nombre de possibilités qu’offre l’appareil.

Pas de wi-fi

Tournant avec le système Nokia Series 30 +, le téléphone comporte un système d’icônes assez proche de celui de son prédécesseur. Première idée, ouvrir le navigateur web Opera. Et très vite, on se rend compte que consulter des sites web sera quasiment mission impossible. D’abord parce que le téléphone ne comporte pas de puce wi-fi (il n’y a que Bluetooth, qui ne sert qu'à utiliser un système main libres) et qu’accéder à Internet via le réseau mobile est bridé: on ne dépasse pas la 2G (EDGE). Du coup, afficher un site s’avère extrêmement lent, les pages sont déstructurées dans le navigateur web. Mais cela rappelle les premiers pas du WAP et c’est certainement fait pour.

Côté applications, celle du serpent, version revisitée en couleur, est disponible. Il est possible de télécharger d’autres jeux (mais c’est payant), mais aucune autre application. Impossible d’utiliser WhatsApp, par exemple. Et consulter ses e-mails via le navigateur Opera ne devrait se faire qu’en cas d’urgence, tellement l’affichage est peu agréable.

Envoyer une photo, mission impossible

Pour le reste, écrire des SMS avec le clavier physique est agréable, avec l’aide du fameux dictionnaire T9. Là aussi, les nostalgiques seront servis. Ce téléphone comporte un capteur photo d’une résolution de 2 millions de pixels. Les clichés sont sans surprise de piètre qualité, tout comme les vidéos. Il est même impossible, d’après nos tests, d’envoyer les photos par MMS ou par Bluetooth. Aucune tentative n’a été couronnée de succès. La mémoire interne est de 16 Mo. Une radio FM est disponible, que l’on peut écouter via les écouteurs fournis, à brancher sur la prise jack.

Pour les geeks nostalgiques

Au final, que penser de cet appareil? Il est très réussi au niveau du design et de l’autonomie. Il ravira les adeptes d’un clavier physique. Mais HMD Global, en insérant un écran couleur et un appareil photo médiocre, a fait les choses à moitié. La société aurait dû, à notre sens, rester au plus près des spécifications du modèle de l’année 2000.

La version 2017 pourra séduire quelques geeks nostalgiques ou ceux qui veulent se déconnecter l’espace d’un week-end ou de vacances. Accéder à Internet sera si difficile que cela devrait aider à se désintoxiquer. Mais attention, tout de même, à prendre le soin de copier tous ses contacts sur sa carte SIM…