On ne doit jamais gaspiller une bonne crise. L’adage attribué à Winston Churchill n’a pas été oublié par les hackers qui ont multiplié les arnaques sur le thème du Covid-19 ces dernières semaines. Un des vecteurs de cette épidémie de fraudes a pris la forme de messages électroniques ressemblant à s’y méprendre à ceux qu’auraient pu envoyer des institutions respectables comme l’Organisation mondiale de la santé (OMS) ou les Centers for Disease Control and Prevention (CDC, l’agence américaine pour la santé publique).

Lire aussi: Coronavirus, une aubaine pour les hackers

Ces e-mails misent sur la soif d’informations du grand public sur la pandémie et ses conséquences. Des informations qui se trouvent dans des documents attachés qu’il faut télécharger et qui contiennent en réalité des programmes malveillants capables de copier les identifiants ou les détails bancaires des victimes, ont même prévenu les services secrets américains.

Lire également: Coronavirus: «Les employeurs vont devoir faire preuve de flexibilité»

Mes voisins sont-ils contaminés?

Autre variante: la fausse carte de l’épidémie. Des escrocs à la petite semaine ont répliqué de manière très convaincante l’infographie de la Johns Hopkins University qui permet de suivre en temps réel la progression du virus. La vraie carte est un outil très populaire pour savoir si vos voisins sont infectés, par exemple. Mais la variante criminelle contient un programme qui peut voler les mots de passe, numéros de cartes de crédit ou toute autre donnée enregistrée sur l’ordinateur d’un utilisateur. Des propositions d’investissements soi-disant faramineux dans d’obscures cryptomonnaies ont également fleuri ces derniers temps.

Cette galerie d’escrocs inspirés par l’actualité comprend aussi les promoteurs de penny stocks, ces actions valant quelques centimes et dont le cours est souvent manipulé par leurs animateurs. Ils diffusent de faux rapports d’analystes financiers, faisant miroiter un avenir mirobolant. Car telle entreprise pourrait (le conditionnel est important) trouver un vaccin contre le virus prochainement, même si elle ne compte qu’un employé et occupe des bureaux dans un espace de coworking.

Un autre penny stock pourrait recevoir un méga-contrat de la part du gouvernement américain pour fabriquer un instrument mesurant la température des individus à distance. Tandis que l’incontournable détenteur d’une mine d’or au potentiel gigantesque permettrait à l’investisseur de mettre ses économies à l’abri du krach boursier provoqué par le coronavirus. Un virus contre lequel aucun vaccin n’existe à ce jour, tout comme il n’y a pas de remède miracle connu à ce jour contre la naïveté de certains investisseurs.