Le directeur de l’Association suisse des banquiers (ASB) Urs Roth pense que le proposition de retenue à la source de l’ASB est attrayante pour d’autres pays. Même si elle ne porte ne porte pas sur les revenus.

Le Temps: La proposition de retenue à la source pour les clients des banques suisses résidant à l’étranger de l’Association suisse des banquiers (ASB) se concentre sur la taxation du rendement de la fortune et ne porte pas sur les revenus. Ne s’agira-t-il pas d’une faiblesse quand il faudra convaincre d’autres pays de l’adopter?

Urs Roth: Ce n’est pas une faiblesse, c’est ce qui est appliqué dans tous les Etats. Les pays qui accepteraient notre proposition recevraient plus que ce qu’ils reçoivent aujourd’hui. Aucun gouvernement dans le monde coopère avec d’autres sur un échange automatique d’information pour le capital et pour les revenus. La directive européenne sur la fiscalité de l’épargne ne concerne elle-même qu’une petite de l’épargne. Pour tous le reste, on se base sur une coopération calquée sur le modèle de l’OCDE.

Ce que l’ASB propose, c’est d’élargir cette coopération en reversant la totalité de la taxation des revenus de la fortune à un partenaire étranger. Pour le reste, le modèle de l’OCDE continue de s’appliquer.

– Les premières réactions étrangères ont été sceptiques. Cela préjuge-t-il du destin de la proposition?

– C’est de la politique politicienne. On verra si notre gouvernement parvient à convaincre d’autres pays d’adopter ce système. Mais ce seront aux ministes des finances qui le refusent d’expliquer pourquoi ils ne veulent pas recevoir ces fonds.

– S’agit-il du fer de lance des mesures de l’ASB pour défendre la place financière suisse.

– Il s’agit d’une proposition qui, à notre avis, sert deux buts: d’une part l’intérêt des pays partenaires à recevoir les recettes fiscales qui leur sont dues et, d’autre part, de préserver la sphère privée des clients honnêtes.

– La dynamique en faveur de la transparence et de l’échange d’information peut-elle faire échouer le projet?

– Notre proposition est attrayante. On verra si l’échange automatique d’information sera vraiment un jour le standard global. Ce n’est pas ce que je vois. Les Etats-Unis n’en veulent pas, les pays d’Asie non plus. Quant à l’Union européenne, je ne crois pas quêlle désire un échange d’information sur la totalité de la fiscalité. A l’époque où il s’agissait d’introduire un échange partiel, les négociations ont déjà été très difficiles.