Cheffe d’entreprise depuis 1980, Doris Edwards a sans cesse dû adapter ses offres aux besoins du marché. De formatrice sur des logiciels informatiques, elle s’est aujourd’hui spécialisée dans le marketing digital. En mai dernier, elle a fondé le premier groupe genevois de Lean Startup, comme il en existe une centaine à travers le monde. Le Lean Startup est une approche qui s’inspire du Lean Management: elle applique le concept de la chasse au gaspillage au lancement d’un produit.

Le Temps: Pourquoi avez-vousinitié ce mouvement à Genève?

Doris Edwards: Parce que je me suis retrouvée plusieurs fois dans la situation où je devais faire correspondre mes produits aux besoins du public. J’ai donc pratiqué cette méthodologie du Lean Startup de manière informelle, sans le savoir. C’est d’ailleurs ma philosophie avec mon site internet «So You Want a Change». Quand j’ai lu le livre d’Eric Ries, Lean Startup, j’ai compris que c’est ce qu’il fallait à toutes les personnes qui venaient de créer leur entreprise ou qui s’apprêtaient à le faire.

– En quoi la méthodefavorise-t-elle l’entrepreneuriat?

– Il faut que les entrepreneurs réfléchissent en permanence à la manière de trouver des clients dans un environnement aussi changeant. Surtout, pour moi, elle invite à mettre très rapidement sur le marché des prototypes, afin de voir si ceux-ci fonctionnent ou non. Souvent, un entrepreneur tombe amoureux de son idée, il croit qu’elle est merveilleuse, il veut la peaufiner, investit beaucoup de temps et d’argent, avant même de voir si elle rencontre du succès. Il faut tester cela rapidement sur le terrain.

– Etes-vous satisfaite de vospremières soirées-rencontres?

– Oui, même si comme dans toute initiative de ce type, nous avons également des participants qui sont motivés davantage par le réseautage que par le sujet proprement dit. Or, nous avons déjà une centaine d’inscrits, preuve que le concept suscite un intérêt. Nous visons les vrais entrepreneurs. Pour que le mouvement perdure, j’ai d’ailleurs constitué un petit groupe de travail, qui inclut plusieurs participants dont le profil est de grande valeur.

– Quels pourraient être lesdéveloppements dans le futur?

– Mon premier objectif est d’encourager les gens à se lancer, comme je l’ai fait à l’époque, alors que ce n’était pas si facile pour une femme. Nous réfléchissons actuellement à des thèmes attractifs pour nos prochaines soirées. Par la suite, nous pourrions par exemple imaginer des cours payants pour aller plus loin.

– Avez-vous déjà rencontréEric Ries, l’auteur de l’ouvrage?

– Non. Il faut savoir que pour rencontrer de telles personnalités, comme le Suisse Alex Oster­walder, les montants sont assez élevés. Cela étant dit, il existe à Genève des experts de la méthode Lean Startup, tel Vincenzo Pallotta.