Le Crédit Agricole (Suisse) est officiellement né. La réunion du Crédit Lyonnais (Suisse) et du Crédit Agricole Indosuez (Suisse) est effective depuis le début de la semaine. Pour preuve, les quelque 1100 employés du groupe ont basculé lundi sur la même plate-forme informatique. «La migration des systèmes et la fusion juridique entre les deux entités ont été effectuées ce week-end», souligne Alain Massiera, directeur exécutif de la banque.

Fruit de la reprise du Crédit Lyonnais par le Groupe Crédit Agricole en juin 2003, le nouvel établissement est basé à Genève. Il dispose notamment de succursales à Zurich, Lugano et Bâle.

Les fonds confiés au Crédit Agricole (Suisse) se montent à 41 milliards de francs. «En termes d'avoirs sous gestion, nous figurons en deuxième position des banques étrangères présentes en Suisse, derrière HSBC», confie Alain Massiera. Cette masse n'a toutefois pas progressé l'année dernière. La fusion aurait accaparé les énergies. «Mais nous tablons sur des apports de fonds nets de 5% sur la période allant de juin 2005 à juin 2006», précise le directeur.

Des services aux banques

Si la banque privée reste le «cœur de cible» du Crédit Agricole (Suisse), l'établissement a d'autres activités. Ce dernier s'active dans le financement des transactions sur les matières premières (pétrole, céréales, etc.), le crédit aux entreprises («corporate finance») et les activités de négoce (devises, métaux précieux, etc.).

Le patron met également l'accent sur les services proposés aux banques. Plusieurs acteurs présents en Suisse sous-traitent auprès du Crédit Agricole (Suisse) les opérations administratives («back office») et l'informatique. «Une douzaine en tout, précise Alain Massiera. Mais je ne peux vous donner aucun nom pour des raisons de confidentialité.» Ce mouvement est lié aux normes de plus en plus denses adoptées par les autorités de régulation, telles celles édictées dans le cadre de Bâle II sur la gestion du risque. Leur mise en place est complexe et coûteuse. Dès lors, les acteurs de taille modeste ont tendance à sous-traiter le volet administratif.

L'avenir? Alain Massiera est résolument tourné vers les pays émergents. «L'Asie, les pays de l'Est, le Moyen-Orient et l'Amérique latine offrent les meilleures opportunités», relève-t-il. Les Européens seraient moins enclins à placer leur argent en Suisse, en raison des mesures d'amnisties fiscales prises par les pays de l'Union européenne.