Les titres de Nebag se négocient pour l'heure à la Bourse de Berne, mais la société de participations zurichoise envisage de faire le grand saut: destination la Bourse Suisse (SWX). Avec un bénéfice en hausse de 30% à 1,66 million de francs l'an dernier, Nebag peut s'appuyer sur une base saine pour franchir ce pas.

Mais auparavant, elle va procéder à une augmentation de capital de 15 millions de francs pour atteindre 45 millions. Le conseil d'administration a en effet communiqué mardi qu'il allait libérer le capital autorisé et proposer 1 514 000 actions à 10 francs. Le prix d'achat des nouveaux titres sera fixé à 10,50 francs, soit une ristourne de presque 20% par rapport à la valeur intrinsèque actuelle de 13,05. La procédure d'émission, valable du 9 au 16 mars, sera conduite par OZ Bankers. Les actionnaires – la caisse de pensions de Siemens Suisse, celle d'Aargau, OZ Bankers et des investisseurs privés – devraient pouvoir consolider leur engagement à des conditions avantageuses. En effet, ils auront un droit de souscription dans un rapport de deux contre un. Pour être clair, chaque actionnaire possédant deux action pourra en acheter une au prix proposé. Puis, dans un deuxième temps, l'assemblée générale, convoquée le 8 avril, se prononcera sur une nouvelle augmentation de capital autorisé de 50%.

Nebag se targue d'être le premier investisseur sur le marché de gré à gré (OTC) et affiche un portefeuille diversifié de PME suisses, non cotées principalement. Ces dernières affichant des chiffres d'affaires entre 50 et 150 millions de francs. «Nous n'avons pas de positions majoritaires, détaille Walter Häusermann, administrateur. Mais dans certaines entreprises, que nous considérons comme stratégiques pour nous, telles Typon ou Biella-Neher, nous travaillons beaucoup avec le conseil d'administration pour faire valoir nos connaissances.» Comprenez que Nebag s'immisce alors dans le développement des affaires des sociétés dans lesquelles elle est engagée pour assurer leur rentabilité.

Dans son portefeuille, les sociétés industrielles et les petites sociétés touristiques, tels les bains de Schinznach ou le casino d'Interlaken, côtoient des banques régionales. Nebag a par exemple récemment acquis une participation de 843 590 francs dans le Crédit mutuel de la Vallée, basé au Chenit (VD). «Bien sûr, même si nous ne les connaissons que peu, c'est positif d'avoir Nebag comme actionnaire, mais le fait qu'ils veuillent entrer en Bourse ne changera rien pour nous», assure Jean-Daniel Aubert, directeur de l'établissement.

Si tout s'enchaîne comme annoncé, l'entrée en Bourse (IPO) se déroulera à l'automne. «Cela nous permettra d'élargir le spectre des personnes qui pourront investir, telles certaines caisses de pension», explique Walter Häusermann. De plus, les personnes qui souhaitent investir dans les entreprises non cotées sont souvent confrontées à l'obstacle des relations personnelles. «Nous sommes donc le tremplin entre les investisseurs et les sociétés», ajoute l'administrateur. Selon lui, ce secteur est sous-évalué, car si les critères sont rigoureux au départ, les sociétés choisies obtiennent des profits élevés. Mais ce secteur a aussi un revers: le risque est important du fait que la liquidité est moins importante qu'en Bourse.

La société d'origine bernoise a transféré son siège à Zurich. Elle estime que l'exercice dernier illustre son fort potentiel. Si la valeur intrinsèque de ses actions a progressé de 4,8% à 12,45 francs en 2004, le cours boursier de Nebag sur le BX Exchange (à Berne) a même bondi de 16,2% à 10,75 francs. De quoi pavoiser et vouloir faire comme les «grands», sur le SWX…