«Nous voulons que les activités de gestion d'actifs représentent 25% des bénéfices avant impôts du groupe.» A priori, la barre semble placée très haut par Alexander Rinnoy Kan, membre du directoire d'ING. En effet, il n'y a pas si longtemps, en 1997, cette activité ne contribuait qu'à hauteur de 8% aux bénéfices du groupe. Mais ce taux est monté à 14% en 1998, puis à 15% en 1999. Dix points d'écart, c'est encore beaucoup? Pas tant que cela, si l'on prend en compte les récents développements. Car depuis, ING a racheté aux Etats-Unis les activités financières et d'assurance vie d'Aetna, ainsi que la totalité de Reliastar. Or Aetna gère 85 milliards d'euros, et Reliastar 43 milliards d'euros. Ces rachats ont donc fait bondir le montant total des fonds gérés par le groupe d'Amsterdam.

En 1999, ING gérait 345 milliards d'euros. «Pour la première fois, nous avons passé la barre des 500, avec 503 milliards d'euros», annonce Alexander Rinnoy Kan. La croissance est de 46%. Elle place désormais ING dans les dix premiers gestionnaires de fonds au monde, «si l'on ne compte que les gestionnaires actifs», précise le banquier. Sans ces acquisitions, la croissance aurait plafonné à 6%. Les contributions d'Aetna et de Reliastar aux bénéfices devraient se retrouver partiellement dans les bénéfices de l'exercice 2000. Mais ils ne seront publiés que le 1er mars prochain.

Le groupe privilégie

la croissance interne

En attendant, on ne peut que se livrer à des supputations: dans les couloirs du siège on laisse entendre que le taux en 2000 devrait déjà tourner autour de 20%. Outre les fonds de ses propres compagnies, ING gère ceux de tiers. «Cette part représentait l'an dernier 71% de nos fonds, contre 69% en 1999 et 54% il y a quatre ans.» Pour croître, ING compte principalement sur ses propres forces, même si ses dirigeants n'excluent pas de recourir à des acquisitions. ING Direct constituera l'un des outils de croissance. «Nous choisirons trois ou quatre produits simples que nous distribuerons par la banque sur le Net. C'est le cas en Espagne, nous en ferons autant en France, quand nous aurons bouclé notre première phase de développement».

C'est en France également que le groupe lancera «un supermarché de fonds sur Internet. Si le concept marche, il sera facile à exporter». La Suisse est également sur la liste des pays identifiés pour accroître la présence dans la gestion d'actifs. Aux Etats-Unis, ING contrôle, «grâce à nos récentes acquisitions dans l'assurance», le premier regroupement de courtiers indépendants. «Nous allons progressivement les transformer en conseillers financiers au sens large du terme.»

En terme de produits, ING veut développer des «investissements alternatifs, par opposition aux actions et obligations», afin de «diversifier les risques». Exemples? «L'immobilier, un secteur où nous comptons parmi les cinq plus gros acteurs mondiaux avec 25 milliards d'euros gérés, et les hedge funds.» Selon Alexander Rinnoy Kan, ce secteur est «en forte croissance, avec 7,3 milliards de dollars d'actifs supplémentaires en 2000». En avril 2001, ING lancera d'ailleurs un «fond de hedge funds», afin de «répondre à la demande des investisseurs qui n'ont pas la capacité financière d'entrer dans des hedge funds qui requièrent un gros investissement. Ces hedge funds «ne seront pas des fonds maisons», et devront dégager un retour net sur investissement de 10 à 12%, «avec de faibles risques».