Randstad et Vedior, deux groupes de travail temporaire, s'apprêtent à fusionner et former le numéro deux mondial du secteur, derrière le suisse Adecco. Après des rumeurs persistantes à la fin de la semaine dernière selon lesquelles Vedior allait être acheté par Adecco, c'est finalement un rachat entre les deux groupes néerlandais qui a été annoncé ce lundi. L'accord, que doivent encore entériner les deux conseils d'administration, valorise Vedior à 3,3 milliards d'euros (5,8 milliards de francs). Le nouveau champion pèsera 17,3 milliards d'euros par année, contre 20 milliards pour Adecco.

Le nouveau groupe sera numéro un en Allemagne, aux Pays-Bas, en Belgique, au Portugal, en Pologne, au Canada et en Inde. Il sera numéro deux en Espagne et numéro trois en France, en Suisse et en Australie.

Un marché en croissance

Le marché du travail temporaire a le vent en poupe. Les pays émergents, mais aussi l'Europe et, dans une moindre mesure, les Etats-Unis créent des milliers d'emplois chaque mois grâce au dynamisme économique mondial. Selon un sondage réalisé au début de l'automne par l'agence de recrutement Manpower, 52000 employeurs dans 27 pays avaient anticipé de renforcer leurs effectifs au 4e trimestre 2007. Cette tendance devrait se maintenir l'an prochain. En France, par exemple, le gouvernement s'attend à la création de 255000 emplois, contre 210000 en 2007.

Toutefois, toutes les entreprises ne regardent pas l'avenir avec la même confiance. D'où le recrutement de travailleurs temporaires. Entre 2004 et 2006, le nombre d'emplois dits flexibles ou à l'appel a augmenté de 10%. Entre 1993 et 2006, la hausse est de 350%.

Cette situation se reflète dans le boom des chiffres d'affaires des agences d'emploi temporaire ainsi que dans le processus de consolidation en cours dans le secteur. En juin, le suisse Adecco a déboursé un milliard de dollars pour reprendre Tuja, une agence allemande spécialisée dans le domaine de l'automobile, de l'ingénierie et de l'aérospatiale.

Par ailleurs, des rumeurs prêtent à Adecco l'intention d'acheter le groupe britannique Hays, spécialiste du recrutement dans le secteur financier et qui compte 7500 employés dans 25 pays. Autre cible, le cabinet Micheal Page International qui emploie 3750 chasseurs de têtes dans 23 pays.