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L’affrètement maritime est parmi les seuls segments du secteur des matières premières à pouvoir encore grandir en Suisse, selon Stéphane Graber, secrétaire général de la STSA.
© MATTHIAS SCHRADER

Matières premières

Le négoce atteint 4% du PIB suisse, mais arrive à saturation

Des données encore confidentielles dévoilées lundi soir permettent de mieux estimer l’importance du trading de matières premières dans l’économie suisse. Le secteur emploierait jusqu’à 30 000 personnes. Mais le risque de délocalisations est désormais aigu

La collecte des données est toujours en cours. Mais l’objectif est de présenter avant la fin de cette année les résultats des rapports («sizing study» et «mapping study») sur les retombées du négoce de matières premières pour l'économie suisse. «L’exercice permettra de disposer des données valides à l’échelle nationale, afin de mieux faire comprendre les enjeux de ce secteur, davantage présent sur le territoire helvétique pour des raisons historiques que fiscales», résume Stéphane Graber, secrétaire général de la Swiss Trading and Shipping Association (STSA).

L'enquête a été réalisée en collaboration avec le Secrétariat d’Etat à l’économie, l’Université de Genève, l’Institut suisse pour la recherche sur les matières premières, ainsi que l'Intitute for Human Rights and Business (Londres).

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Les premiers chiffres officiels – non encore publiés – sur le poids économique et fiscal des négociants en Suisse sont tombés lundi soir, à l’occasion de la traditionnelle assemblée générale d’automne des hôteliers genevois. Ainsi, la Suisse regroupe 520 entreprises vouées aux échanges de matières premières, employant entre 20 000 et 30 000 salariés. Un secteur qui représente 4% du PIB helvétique qui s'élève à 642 milliards de francs.

En termes de retombées fiscales, Genève est le canton à profiter le plus. La branche du négoce – soit entre 6000 et 8000 postes de travail directs – génère 20% de ses revenus publics issus des personnes morales. Vient ensuite la ville de Lugano, où l’écosystème des matières premières fournit 18% des retombées fiscales, contre 10% dans le canton de Zoug.

Age d'or révolu?

«Le négoce, qui souffre énormément du franc fort, se dirige vers des années difficiles, prévient Stéphane Graber. Des délocalisations – rapides – sont à craindre, car ces entreprises n’ont pas d’autre outil de production que les salaires versés à leurs spécialistes.»

Le processus a déjà été entamé pour ce qui est des activités de «back-office». «L’expertise suisse et la qualité de la main-d’œuvre helvétique ne suffisent plus toujours à maintenir la compétitivité», précise-t-il.

Pour le représentant de la STSA, c'en est fini des années de forte croissance en Suisse. «Aujourd’hui, la question est plutôt de savoir si l’on maintient l’existant ou s’il faut s’attendre à une consolidation», relève-t-il. A l’exception peut-être de l’affrètement (shipping), dont 22% des mouvements à l’échelle mondiale sont gérés depuis Genève. «Ici, le réajustement en nombres d’acteurs pourrait se faire à la hausse, car ce segment est encore sous-représenté dans le pays», souligne Stéphane Graber.

Pour l’heure, la Suisse ne connaît pas de taxe au tonnage. Ce qui pose des problèmes de compatibilité et d’activité pour les candidats à l’implantation dans le pays. «En parallèle à la 3e réforme de l’imposition des entreprises et suivant la tournure que prendra le probable referendum, il est question de faire tomber cet obstacle technique, ce qui devrait provoquer un appel d’air», se félicite Stéphane Graber.

Une famille équilibrée

Retour aux statistiques: les sociétés liées aux matières premières en Suisse sont principalement actives dans le commerce (79%) et le financement du commerce (8%, pour un volume estimé à 1500 milliards de francs). Vient ensuite le courtage à proprement parler (7%), suivi – à égalité, soit 2% chacun – de la distribution, de l’affrètement et de l’inspection.

Les marchés, par ordre d’importance? Les négociants achètent des matières premières en Europe, puis en Afrique, en Amérique et finalement Asie. Lorsqu’il s’agit de vendre les cargaisons, le classement change: Europe, Amérique, Asie, Afrique.

Quant à la répartition des différentes entreprises actives dans les matières premières, 26% traitent de métaux. Le pétrole concerne environ 27% des acteurs, contre 28% pour les produits agricoles (café, sucre, céréales, etc.) et 16% en ce pour ce qui est de l’énergie. «Il y a un bon équilibre entre les différentes sociétés présentes en Suisse», commente Stéphane Graber.

Concernant la taille des entreprises, le secteur est dominé par les PME (de 11 à 300 employés, soit 48% du marché) et les microsociétés (42% du tissu économique). Les multinationales de plus de 300 salariés, elles, ne représentent que 10% de la branche en Suisse.

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