Depuis que la Banque nationale suisse (BNS) a abandonné le taux plancher, les clients de la Banque Cantonale Vaudoise (BCV) sont très actifs sur le marché des devises. Il faut dire que, pendant plus de trois ans, entre le 5 septembre 2011 et le 15 janvier 2015 précisément, c’est la banque centrale qui assurait les entreprises contre les risques de changes, en défendant le taux de 1,20 franc pour 1 euro.

Ce n’est plus le cas. Le franc évolue désormais à peu près librement et la BCV en profite à plein. Au premier semestre 2015, les revenus de ses opérations de négoce sont en hausse de 52%, par rapport à fin juin 2014. Ils s’élèvent à 80 millions de francs, a fait savoir la banque ce jeudi.

Huitante millions en six mois. C’est une performance qui n’avait jamais été réalisée, depuis que la BCV et sa salle des marchés de Prilly ont cessé de traiter des dérivés actions pour leur propre compte, après la crise de 2008. Lors de la première moitié de 2011, alors que la BNS n’avait pas encore officiellement pris la défense du taux plancher, le négoce n’avait alors rapporté «que» 28 millions de francs.

Revenus d’intérêts en baisse

Globalement, les revenus de la banque sont en hausse de 3% à 519 millions à fin juin. Les revenus des opérations d’intérêts reculent par contre de 3%, à 246 millions de francs. L’environnement de taux négatifs est en cause, explique la banque. Les opérations de commissions ont, elles, baissé de 2%, à 171 millions.

La vente de la participation de 7,3% dans Swisscanto à la Banque Cantonale de Zurich, en début d’année, ainsi que des dissolutions de provisions sur le risque de crédit, ont permis à la BCV d’afficher un bénéfice net en forte hausse: + 17%, à 179 millions de francs. A noter aussi que le ratio coûts/revenus s’améliore, en baissant de 60 à 57%.

Les fonds offshore s’en vont

Au bilan, c’est la stabilité qui prédomine. Les hypothèques ont progressé de 308 millions, soit 1%, pour atteindre 24,4 milliards. Les autres crédits reculent de 8%, surtout en raison de la baisse de l’activité dans le financement du négoce et des grandes entreprises. A l’actif, l’épargne et les placements sont eux aussi en hausse de 1%, à 13,1 milliards.

La masse sous gestion, quant à elle, continue son helvétisation. Elle est stable, à 86,4 milliards. Les apports nets de nouveaux fonds s’élèvent à CHF 1,9 milliard. C’est le solde d’un arrivage de 2,4 milliards de fonds domestiques et d’un recul de fonds offshore de 517 millions. Depuis 2012, ce sont ainsi environ 4 milliards de francs de dépôts de résidents étrangers qui sont sortis des coffres de la banque.