Les cours des matières premières s'effondrent. Une autre menace pour la place financière

Elle ne fait pas les gros titres. Mais une autre crise menace également la place financière genevoise, un des piliers du négoce international. Celle des matières premières, dont les cours plongent depuis le début de l'été.

Comme d'habitude dans le secteur, le silence règne. Directeur général de BNP Paribas pour la Suisse, Jacques-Olivier Thomann se contente de reconnaître que les derniers mois de l'année seront «challenging». C'est-à-dire exigeants. Ou éprouvants? «Le secteur a de gros problèmes à gérer le manque de liquidités, les lignes de crédit se font rares et toujours plus chères, le risque de contrepartie augmente», commente celui qui intervenait hier aux côtés d'Ivan Pictet, en tant que responsable de la Geneva Trading & Shipping Association.

Paradoxalement, Jacques-Olivier Thomann considère que cette crise peut offrir des opportunités aux banques genevoises servant le négoce. Ces établissements sont surtout restés sur le financement du négoce de cargaisons «physiques» de pétrole, coton ou cacao... en prenant souvent en gage une partie de la marchandise, ce qui réduit leurs risques. «Entre 2005 et 2007, les négociants ont réalisé des profits importants en obtenant des crédits peu chers sur les marchés; mais cette crise signifie le retour à un financement plus sécurisé, plus transactionnel, fourni par les banques», assure ce responsable local de la banque française, qui domine cette activité à Genève.

Selon ce dernier, il n'y a «pas de soucis à se faire» en termes d'emploi dans le négoce genevois. «Après quatre bonnes années en termes de profits, les sociétés du secteur ont les reins solides», assure Jacques-Olivier Thomann. Ce qu'espèrent également les 6000 employés du secteur. P.-A. S.