Matières premières

Le négoce du pétrole s’accroche à la croissance chinoise

Les cours du pétrole sont devenus une équation insondable. Le cercle Cyclope s’est risqué à prédire une augmentation de 20% portée par la voracité chinoise, davantage que par l’effet Trump.

Pas facile de parier sur le prix du pétrole en 2017. Les analystes du Cercle Cyclope, dont la volumineuse étude annuelle fait référence dans le secteur, s’y sont risqués: le prix du baril de Brent devrait augmenter de 20%, en moyenne annuelle, selon les perspectives 2017, présentées mercredi à Genève devant une trentaine de spécialistes du négoce.

Une augmentation jugée «modérée». Pour les auteurs de l’étude, avec un baril au-dessus de 55 dollars, le marché a déjà payé le prix de l’accord de l’OPEP visant à limiter la production de pétrole de 1,8 million de barils par jour. «Les accords nous ramènent aux niveaux de production de l’année dernière, fait valoir Philippe Chalmin, le fondateur du cercle. L’Iran a toujours été clair sur sa volonté de retrouver sa production avant embargo, à 4 millions de barils par jour». Contre une production moyenne de 3,5 millions en 2016.

Le «joker» pétrolier américain

L’incertitude reste donc de mise quant au respect des accords de limitation de l’OPEP, souligne le rapport de Cyclope. D’autant que la remontée des cours renforce la position des producteurs américains, «désormais dans une situation confortable», estime le consultant en matières premières Jean-François Lambert, également membre du cercle Cyclope. «Ils ont verrouillé le prix plancher à 35 dollars. Les avancées technologiques ont permis d’augmenter la productivité et les exploitations rouvrent les uns après les autres.»

L’arrivée de Donald Trump et d’un certain «laxisme sur les normes environnementales» pourrait aussi stimuler l’offre à moyen terme, selon Philippe Chalmin. En ligne de mire: la relance des projets de pipelines géants aux Etats-Unis: Keystone XL et Dakota Access, qui «a un côté Notre-Dame-des-Landes aux USA».

L’économie planifiée, refuge des négociants

Côté demande, la difficulté de mesurer «l’effet Trump» complique la donne. Le candidat républicain a notamment été élu sur un programme de relance économique à travers des investissements dans les infrastructures. Une mesure largement «inutile», souligne Philippe Chalmin en rappelant que le pays affiche déjà un niveau de plein-emploi.

Dans un tel contexte, la seule valeur sûre reste celle de la croissance chinoise. Le congrès du Parti communiste chinois se tiendra cet automne. A l’ordre du jour: la reconduction de Xi Jinping à la tête du pays et la confirmation des objectifs de croissance, «à la décimale près». De quoi continuer de miser sur l’appétit de l’économie chinoise pour le pétrole et les minerais.

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