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La Chine a annoncé vendredi 18 mai qu’elle levait une mesure antidumping prise en avril contre les importations de sorgho américain.
© Sue Ogrocki/AP

Chine - États-Unis

Des négociations commerciales sino-américaines à l’issue incertaine

Après une réunion jeudi, les négociateurs américains et chinois se retrouvent vendredi pour discuter commerce. Des médias rapportent que Pékin est prêt à des concessions, notamment sur les importations de sorgho américain

Les Etats-Unis et la Chine reprennent vendredi 18 mai leurs délicates négociations commerciales après des signaux contrastés de Donald Trump, à moins d’une semaine de potentielles sanctions américaines sur les marchandises en provenance du géant asiatique.

Jeudi, «les responsables américains ont fait part [aux Chinois] de l’objectif clair du président en vue d’une relation commerciale juste avec la Chine», a dit dans un communiqué la Maison-Blanche. Les négociateurs américains et chinois «ont participé à une réunion avec le président Donald Trump à la Maison-Blanche» et «les deux parties vont poursuivre les discussions vendredi», selon le texte.

Lire aussi: La redoutable arme des sanctions de Donald Trump

Donald Trump avait auparavant tweeté une photo de lui, affichant un large sourire aux côtés du vice-premier ministre chinois Liu He à l’issue de leur rencontre à Washington, accompagnée d’un commentaire sibyllin: «Discussions commerce avec le vice-premier ministre de la République de Chine.»


Peu avant la réunion, il avait pourtant exprimé son pessimisme quant à l’issue des discussions, déclarant avoir «tendance à douter» qu’il puisse y avoir un accord avec Pékin sur leur conflit commercial. «Et la raison pour laquelle je doute est que la Chine a été trop gâtée. Parce que [les Chinois] ont toujours eu 100% de ce qu’ils voulaient de la part des Etats-Unis», avait-il argué.

La réunion avec le haut responsable chinois, un proche du président Xi Jinping, ne figurait initialement pas à l’agenda de Donald Trump. «Cela signifie qu’il y a un grand intérêt à poursuivre les négociations et à essayer de parvenir à des solutions concernant des pratiques commerciales déloyales et illégales», avait estimé son conseiller économique Larry Kudlow. «C’est ce que nous voulons.»

Une offre chinoise?

Selon le New York Times, Pékin serait disposé à faire d’importantes concessions mais rien n’a filtré jeudi des échanges entre le président et Liu He, ni de ceux avec le secrétaire américain au Trésor Steven Mnuchin. La Maison-Blanche exige notamment de Pékin une réduction dès 2020 de 200 milliards de dollars du déficit commercial des Etats-Unis avec la Chine – il a atteint 375 milliards en 2017.

L’agence financière Bloomberg, citant un membre de l’équipe Trump, assure que la Chine a offert cette semaine de baisser son excédent avec les Etats-Unis à hauteur de ces 200 milliards. Mais le responsable cité n’a pas précisé quelle était la réponse des Américains.

Donald Trump, qui n’a de cesse de dénoncer les pratiques commerciales «déloyales» du géant asiatique, a estimé jeudi que le commerce était «une voie à sens unique» avec ses partenaires commerciaux.

Déjà sous le coup de taxes de 25% sur ses exportations d’acier vers les Etats-Unis et de 10% sur celles d’aluminium, la Chine est aussi menacée de nouvelles taxes sur 50 milliards de dollars de marchandises pour compenser ce que Washington considère comme du vol de propriété intellectuelle aux dépens des entreprises américaines.

Porc et soja

Un délai de consultation sur la liste des produits chinois qui seraient touchés par ces nouvelles mesures américaines doit expirer mardi. Si aucun compromis n’est trouvé d’ici là, cette nouvelle menace serait mise à exécution.

De son côté, la Chine a agité la menace de représailles sur les biens américains à hauteur de 50 milliards de dollars. Elle a prévenu qu’elle répondrait mot pour mot aux mesures de rétorsion américaines. Pékin a en particulier dans le viseur les produits agricoles, dont le soja, très dépendant du marché chinois et dont les Etats où il est produit sont favorables au président républicain. La viande de porc américaine et des automobiles fabriquées aux Etats-Unis sont par ailleurs dans le collimateur des douanes chinoises, qui ont annoncé un renforcement des inspections sur ces produits. En revanche, la Chine a annoncé vendredi qu’elle levait une mesure antidumping prise en avril contre les importations de sorgho américain.

Sur la table des négociateurs se trouve aussi le dossier ZTE. Le géant chinois des télécoms a dû cesser ses principales activités, à la suite de la décision américaine d’interdire pendant sept ans l’exportation de composants électroniques américains destinés à ZTE. Donald Trump a souligné jeudi que le président chinois lui avait demandé d’intervenir dans ce dossier dans la mesure où de nombreux emplois chinois étaient en jeu. «Je lui ai dit que je regarderais. […] Mais quoi que nous fassions pour ZTE, c’est une petite partie de l’accord général», a-t-il commenté.

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