Conjoncture

La neige soutient l’économie suisse

La croissance a atteint 1% en 2017. Les exportations n’ont pas profité de l’affaiblissement du franc, l’hôtellerie et la restauration reprennent des couleurs grâce notamment au niveau d’enneigement

Les flocons sont tombés trop tard pour les derniers indicateurs économiques. L’abondante couche de neige qui tapissait les centres-villes de Suisse jeudi n’a pas eu d’impact sur les dernières analyses conjoncturelles du Secrétariat d’Etat à l’économie (Seco). Mais elle fera sans doute plaisir au secteur touristique qui a retrouvé des couleurs l’année dernière, avec une croissance de 1,6% pour l’hôtellerie et la restauration. Soit plus vite que la croissance du PIB helvétique, à 1%, selon le Seco.

Le directeur de Suisse Tourisme, Martin Nydegger, voyait, début février, le secteur profiter du niveau d’enneigement, anticipant une hausse des nuitées de 4% cet hiver. Et cela même si les caprices de la météo ont coupé certaines stations du reste du monde et provoqué la fermeture de plusieurs domaines skiables. Autres éléments expliquant le regain d’un secteur qui vécut ses pires heures après l’abolition du taux plancher en janvier 2015: l’affaiblissement du franc par rapport à l’euro, et l’adaptation à la baisse des prix.

Pas d’effet franc faible pour les exportations

Paradoxalement, la vigueur de la zone euro n’a pas bénéficié à l’industrie manufacturière dans la même mesure (+1,2%). Sur le plan des échanges commerciaux, les exportations ont contribué de manière négative à l’évolution du PIB au quatrième trimestre (–1,4%). Les ventes de marchandises restent dépendantes des produits chimiques et pharmaceutiques qui ont, eux, progressé sur 2017.

Dans une note diffusée jeudi, les économistes de VP Bank considéraient l’exercice annuel helvétique comme «décevant» au vu de la décélération de la croissance (six dixièmes de plus en 2016) et du dynamisme des pays de la zone euro.

Les analystes de l’établissement bancaire liechtensteinois concluaient pourtant sur une note d’optimisme, considérant le dernier trimestre de l’année comme «réjouissant» au vu de la poursuite de l’affaiblissement du franc. Les milieux touristiques espèrent, eux, que la neige permettra de prolonger la saison d’hiver quelques week-ends de plus.

Publicité