Joli défi pour Nelly Wenger. L'ancienne «Madame Expo.02», qui, auparavant, codirigeait le bureau d'études Urbaplan, prendra en janvier prochain la succession d'Alexander Jost à la tête de Nestlé Suisse, qui emploie 2700 personnes et a généré l'an dernier un chiffre d'affaires de 1,24 milliard de francs.

Le Temps: Diriger une grande société alimentaire est un travail assez différent de ce que vous avez fait jusqu'ici. Vous y sentez-vous prête?

Nelly Wenger: J'avais envie de travailler dans un environnement économique et international. Expo.02 a été une excellente école de management, de telles manifestations apprennent à gérer la complexité. Il faut des visions et la volonté de les faire aboutir avec succès. Depuis mon arrivée chez Nestlé, en automne 2003, j'ai visité des usines en Suisse, en Allemagne, en Espagne, en France. Je m'y suis familiarisée avec la grande diversité des produits du groupe et, surtout, avec cette culture d'entreprise à la fois très forte et déclinée différemment selon les marchés. Nestlé recèle un potentiel humain incroyable, il faut le vivre pour le comprendre. Nous travaillerons en tandem avec Alexander Jost jusqu'à la fin de l'année, et je me sens apte à relever le défi qui m'est proposé.

– L'entrepreneur Carolina Müller-Möhl est élue ce jeudi au conseil d'administration de Nestlé, vous êtes nommée directrice de Nestlé Suisse. Coïncidence, ou volonté de féminiser le groupe?

– Ce n'est pas à moi qu'il faut poser la question. Je dirais plutôt: coïncidence. Je pense qu'une femme peut apporter un regard complémentaire utile dans les activités qui seront les miennes. Cela dit, des groupes comme celui-ci ont des structures de marketing élaborées qui intègrent déjà largement l'élément féminin dans les stratégies produits.