La néobanque allemande N26, également active en Suisse depuis 2019, a annoncé lundi avoir levé plus de 900 millions de dollars (833 millions de francs), alors que l’entreprise fait actuellement face à des problèmes de régulation en Allemagne. Grâce à ce tour de financement, N26 veut «accélérer son plan de croissance avec le recrutement de plus de 1000 salariés dans le monde», a-t-elle annoncé dans un communiqué. L’entreprise, fondée en 2013, emploie actuellement 1500 personnes.

Cette levée de fonds portera sa valorisation à «9 milliards de dollars», selon N26. Avec cette capitalisation, la banque fait désormais jeu égal avec certaines banques allemandes historiques, comme Commerzbank, valorisée en 2021 à 7,64 milliards d’euros. «Ces nouveaux fonds nous permettront de recruter, innover et croître», s’est félicité Valentin Stalf, directeur général (CEO) de N26, cité dans un communiqué. Le tour de table a été réalisé auprès d’investisseurs internationaux, notamment les fonds américains Third Point Ventures et Coatue Management.

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Dans le viseur du Bafin

Cette annonce survient alors que la banque en ligne est depuis plusieurs mois dans le viseur du régulateur bancaire allemand, Bafin. Ce dernier lui a infligé en juin une amende de 4,25 millions d’euros pour des failles dans son dispositif de prévention du blanchiment d’argent. Cette sanction a pour objet au moins «cinquante transactions suspectes» dans «le domaine du blanchiment d’argent», réalisée entre 2019 et 2020 sur la plateforme de la banque, selon N26. L’entreprise a déclaré trop tardivement ces opérations au régulateur financier, empêchant un contrôle efficace.

La Bafin avait déjà rappelé à l’ordre N26 à deux reprises, en 2019, puis en mai dernier, pour des failles dans son dispositif de prévention du blanchiment. La banque en ligne, née en 2013, assure désormais avoir pris «toutes les mesures visant à améliorer les déclarations d’activités suspectes». Mais la Bafin a tout de même imposé à la banque de limiter temporairement l’ouverture «de nouveaux comptes à entre 50 000 et 70 000 nouveaux clients par mois» pour permettre à la banque de renforcer sa «gestion des risques», explique N26.

A partir d’un smartphone ou d’un ordinateur, la banque en ligne permet d’ouvrir rapidement un compte et de disposer d’une carte bancaire gratuite. Elle fait partie de ces néobanques qui renoncent à exploiter un réseau d’agences classiques. Installée dans le paysage financier européen, elle compte plus de 7 millions de clients dans 25 pays.

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