Une petite phrase lâchée par Gerhard Berssenbrügge, patron de Nespresso, filiale de Nestlé, a créé quelques remous. Ce dernier a estimé, dans le périodique Finanz und Wirtschaft, qu'une entrée en Bourse de Nespresso «serait envisageable».

A priori, l'idée ne paraît pas farfelue. On connaît la tendance des investisseurs à se concentrer sur des titres bien ciblés. En achetant «du Nestlé», l'actionnaire s'offre un mélange de café, de chocolat, d'aliments pour chiens, de glaces, de purée pour bébés et d'eau minérale. Pas très ciblé.

Pourquoi pas, dès lors, offrir l'occasion d'investir dans le marché des eaux minérales, ou dans le parcours exceptionnel de la capsule Nespresso.

Ces deux exemples ne sont pas pris au hasard. Nestlé possède deux seules unités décentralisées gérées au niveau mondial: l'eau, dont le centre administratif se situe à Paris, et Nespresso géré de Paudex, près de Lausanne.

Séparer ces deux unités du groupe pour les faire entrer en Bourse serait techniquement assez facile. Mais il s'agit de pure conjecture, vite démentie à Vevey, au siège de la multinationale. «Je n'ai jamais entendu quelqu'un parler, ici, d'un tel projet», affirme François-Xavier Perroud, bras droit de l'information du PDG Peter Brabeck. En ce sens, Alcon, société spécialisée en ophtalmologie, propriété de Nestlé, demeurera une exception.

Reste que si les investisseurs avaient pu acheter des titres Nespresso, ils auraient fait une excellente affaire.

Les capsules de café haut de gamme fabriquées à Orbe s'arrachent. Le cap du milliard de francs de chiffre d'affaires sera atteint cette année, et Gerhard Berssenbrügge vise déjà les deux milliards à l'horizon 2010. Migros, qui s'est récemment lancé sur ce marché, ne fait pas d'ombre à Nestlé. La multinationale songe déjà à construire une nouvelle usine, probablement à Orbe, où la qualité et la souplesse de la main-d'œuvre sont appréciées.