alimentation

Nestlé investit 50 millions de francs à Orbe

De nombreuses créations d’emplois seront à la clé

Le chantier est en cours. Nestlé est en train de construire un nouveau site à Orbe, où le groupe dispose déjà de plusieurs entités. Il accueillera les activités de recherche et développement pour ce que la multinationale appelle ses «systèmes». C’est-à-dire tout ce qui concerne les machines accueillant des capsules, comme Nespresso, Special-T ou encore Babyness.

L’investissement est important: de l’ordre de 50 millions de francs, selon nos sources. Le groupe veveysan ne souhaite pas pour l’heure divulguer le chiffre exact. Le porte-parole de Nestlé Suisse, Philippe Oertlé, a précisé jeudi en marge de l’assemblée générale du groupe à Lausanne que ce re­groupement des compétences créerait «de nombreux nouveaux emplois», sans toutefois donner de plus amples détails. L’inauguration officielle de ce System Technology Center, comme il a été baptisé, aura lieu à la mi-septembre. En février 2011, le groupe étrennait déjà au même endroit – avec le groupe amé­ricain General Mills – son centre de recherche dédié aux céréales pour le petit déjeuner. Là aussi, l’investissement pour le site de Cereal Partners Worldwide (CPW), nom de la coentreprise fondée en 1990, s’élevait à environ 50 millions de francs. Orbe continue donc sa mue en une sorte de campus de recherche du numéro un mondial de l’alimentation.

Trois autres chantiers du groupe se poursuivent par ailleurs en Suisse. Notamment celui de l’entité Nestlé Institut of Health Sciences, basé à l’Ecole polytechnique fédérale de Lausanne (EPFL), qui sera dévolue à la nutrition personnalisée visant à traiter et prévenir les maladies chroniques. Un projet qui se monte à 500 millions de francs sur les dix prochaines années. Pour sa part, l’extension de l’usine de Konolfingen (BE) suit son cours. Enfin, le centre de recherche et développement de Vers-chez-les-Blanc, dans les hauteurs de Lausanne, va également s’agrandir. Ces quatre nouvelles unités seront terminées cette année encore.

Année 2011 «turbulente»

En attendant leur inauguration, Nestlé Suisse a connu une année 2011 qualifiée de «turbulente» par le patron de l’entité helvétique, Eugenio Simioni. Cette dernière a souffert de la force du franc, d’un climat de consom­mation morose, d’une activité touristique en reflux et d’un été maussade. A tel point que la consommation de soupes a surpassé celle de glaces. «Ce qui est totalement inhabituel», selon Eugenio Simioni.

Par ailleurs, il a mis le doigt sur une particularité helvétique: «La Suisse est le seul pays européen où le commerce de détail a décliné à la fois en valeur et en volume en 2011.» Résultat, Nestlé a réalisé une très légère croissance de ses ventes, mais en dessous de ses objectifs. La hausse avoisine 1%, à 1,8 milliard. L’entreprise déclare toutefois avoir gagné des parts de marché. Pour faire face à la ri­gueur du franc, elle n’a pas dû augmenter le temps de travail de ses collaborateurs. Mais la vigueur du franc reste une source d’inquiétude. «Nous exportons les deux tiers de la production de nos dix usines dans les pays de la zone euro. Même à 1,20 franc pour un euro, cela nous pose un problème de compétitivité», a relevé Eugenio Simioni.

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