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Nestlé veut économiser entre 2 et 2,5 milliards de francs d’ici à 2020, a rappelé son directeur financier, François-Xavier Roger.
© © Denis Balibouse / Reuters

Alimentaire

Nestlé à l’heure de la rigueur

Lors de sa journée des investisseurs, mardi, le groupe alimentaire a surtout expliqué comment réduire ses coûts. C’est la discipline financière qui relancera la dynamique, ont répété les membres de la direction

Retrouver la croissance, certes. Mais d’abord faire des économies avant de réinvestir. C’est en substance le message qui a été répété mardi à Londres par l’ensemble des membres de la direction de Nestlé.

Revivez notre suivi de la journée des investisseurs

Cette journée des investisseurs avait été présentée comme historique, puisqu’elle devait servir au groupe veveysan de tribune pour détailler son plan de réorientation stratégique. Les mots «discipline», «harmonisation», «amélioration» ou encore «ajustements» ont été le plus souvent entendus. Le grand virage de Nestlé passe d’abord par la rigueur.

«Des décisions difficiles»

La grande mutation du géant alimentaire exigera «des décisions difficiles». Le directeur général, Mark Schneider, l’a promis en tout début de journée. Parmi celles qui sont déjà connues, il y a la fermeture, fin août, de l’usine de Nestlé Skin Health, à Egerkingen, dans le canton de Soleure, qui a mené à la suppression de 190 emplois. «Nous nous occupons des structures peu performantes. Je vous assure que je n’hésiterai pas à prendre de nouvelles mesures énergiques.» Il a notamment évoqué le groupe alimentaire chinois Yinlu et Gerber, le spécialiste de la nourriture pour bébé aux Etats-Unis.

Lire aussi: «Le Nestlé du futur se dessine maintenant»

Nestlé a également annoncé que ses activités seront concentrées sur six sites à Vevey, contre 21 actuellement. Pour le directeur financier, François-Xavier Roger, il n’y a aucun doute: la réduction des coûts sera le «principal vecteur d’amélioration des marges». Au total, le groupe veut parvenir à économiser entre 2 et 2,5 milliards de francs d’ici à 2020. Ses marges devraient alors se situer entre 17,5 et 18,5%, contre 16% en 2016.

Les spécialistes n’ont pas tardé à noter que c’est la première fois que le groupe se fixe un objectif précis de rentabilité. Les analystes, eux, n’ont pas tardé à comparer ledit objectif à celui du concurrent néerlandais Unilever, fixé à 20%, tandis que le français Danone, lui, vise une marge de 16%.

Des centaines de millions d’économies

En Europe, Nestlé entend économiser 400 à 500 millions de francs d’ici à 2020, notamment à travers une «harmonisation des mélanges de café» ou une refonte des plateformes de communication.

Lire aussi: «Tous les Suisses sont actionnaires de Nestlé»

Dans la zone Amériques, les économies devraient atteindre de 350 à 450 millions de dollars. Selon Laurent Freixe, directeur pour la région, le marché actuel, bousculé par l’e-commerce, n’est pas favorable aux entreprises qui disposent d’un grand portefeuille de produits. D’où la nécessité d’avoir une approche plus régionale et, si possible, des canaux de distribution moins coûteux. «Différents projets sont en cours dans tout le continent. Nous continuons à miser sur une réduction des coûts totaux de livraison de 6%», a-t-il expliqué.

Sans oublier que depuis plusieurs mois, Nestlé étudie la bonne manière de désinvestir le secteur de la confiserie aux Etats-Unis. Une vente complète et totale de cette division, qui pèse 800 millions de dollars de ventes par année, n’est pas exclue.

Pour la région AOA (Asie, Océanie et Afrique subsaharienne), en revanche, le ton est fondamentalement différent. Lors de sa présentation, Wan Ling Martello, la vice-directrice de Nestlé, a évoqué «d’extraordinaires opportunités». Elle a notamment rappelé que dans les régions qu’elle supervise les marges dépassent 20%.

Statu quo sur L’Oréal

Au final, peu d’informations précises ont été livrées sur le remaniement du portefeuille de marques de Nestlé. Mais Mark Schneider a expliqué que les investissements ou désinvestissements porteraient sur l’équivalent de 10% des ventes du groupe, soit environ 10 milliards de francs.

Pas question, en revanche, de toucher à la participation historique du groupe dans L’Oréal, qui représente 26 milliards de francs. Les rumeurs avaient été relancées ces derniers jours, après l’annonce du décès de l’héritière du groupe français, Liliane Bettencourt. Un événement qui rendra caduc, dans six mois, un pacte d’actionnaire qui lie Nestlé et la famille propriétaire.

Mardi matin, personne n’a eu besoin de soulever la question. Mark Schneider y a répondu spontanément avec un «aucun changement pour le moment» en lien avec ce «fabuleux investissement».

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