A la croisée des chemins entre l’alimentation et la pharmaceutique, Nestlé a inauguré vendredi le Nestlé Institute of Health Sciences (NIHS), basé sur le campus de l’EPFL. Là, chercheurs et scientifiques ont reçu comme mission de créer la nutrition du futur. Celle qui devrait allier vertus thérapeutiques et alimentaires. Cet institut, lancé à la fin de 2010, a notamment pour objectif de développer des produits de nutrition personnalisés afin de prévenir et traiter des problèmes de santé tels que le diabète, l’obésité, les maladies cardio-vasculaires ou celle d’Alzheimer.

«10 à 30% de la population mondiale est obèse. 10% est atteinte de diabète et 10 à 15% souffre de ma­ladies gastro-intestinales chroniques», a déclaré Peter Brabeck, ­président de Nestlé, lors de la cérémonie d’inauguration. L’institut devrait permettre au numéro un mondial de l’alimentation de passer à la vitesse supérieure dans le secteur dit des alicaments – même si la multinationale refuse le terme –, en puisant ses futures formules dans les laboratoires des sciences de la vie.

500 millions sur dix ans

Si tout reste à inventer, à rechercher, à démontrer et à prouver dans ce domaine, Nestlé ne semble nourrir aucun doute au sujet du potentiel de ce type de produits. Il a ainsi décidé d’investir 500 millions de francs sur dix ans. L’institut s’appuie aussi sur la division du même nom chez Nestlé, qui générera cette année un chiffre d’affaires de l’ordre de 2 milliards de francs et qui a procédé à diverses acquisitions ces deux dernières années. Dont la société Prometheus, active dans les spécialités pharmaceutiques, la gastro-entérologie et l’oncologie.

Le géant veveysan l’admet sans ambages. C’est une nouvelle aventure qui débute, qu’il faudra bâtir presque ex nihilo. Il conviendra notamment de convaincre les autorités sanitaires et les consommateurs des bienfaits et de l’innocuité de ce qui pourrait être découvert sur le site par les près de 200 chercheurs qui y travailleront. Lesquels sont en cours de recrutement. Il s’agit notamment de spécialistes dans la génomique, la génétique ou la biologie cellulaire. Le NIHS visera aussi des collaborations multidisciplinaires avec les scientifiques de l’EPFL.

La concurrence s’organise

Quel potentiel revêt ce secteur en devenir? La société vaudoise s’est refusée à toute estimation. Elle n’est en tout cas pas la seule à y croire. Le groupe Bayer vient par exemple d’acquérir Schiff Nutrition, pour 1,2 milliard de dollars. Cette société commercialise des compléments alimentaires destinés à améliorer le système cardio-vasculaire ou à renforcer le système immunitaire.