Agroalimentaire

Nestlé rachètera pour 20 milliards de francs d'actions

Coïncidence ou pas, l’une des exigences phares du fonds activiste Third Point, entré lundi dans le capital du géant veveysan, a déjà été satisfaite

Le communiqué est tombé mardi à 18h. Dans une lettre rédigée en trois langues, Nestlé souligne sa capacité à faire «évoluer son modèle de création de valeur». Third Point, le fonds activiste qui est entré avec fracas dans le capital du géant de l'agroalimentaire, n’est pas évoqué. Ni la cession des parts de Nestlé dans L'Oréal. Coïncidence ou pas, le groupe veveysan vient de satisfaire l'une des exigences du turbulent investisseur new-yorkais.

L'information principale n'a échappé qu'à ceux qui ne lisent pas les communiqués jusqu'au bout. Dès le 4 juillet, Nestlé procédera à un programme de rachat d'actions pour 20 milliards de francs, qui augmentera mécaniquement le bénéfice par action. A terme, la dette du groupe devrait atteindre 1,5 fois son résultat avant intérêts, impôts et autres amortissements (Ebitda). 

Créer de la valeur pour les actionnaires

Ce programme était l'une des revendications phares de Third Point. Le fonds soulignait dans une lettre envoyée dimanche à ses actionnaires que, compte tenu du caractère non cyclique de ses activités et de ses importantes rentrées financières, Nestlé pouvait porter sa dette à deux fois son Ebitda «afin d'optimiser les coûts du capital de l'entreprise». Qui plus est, en période de taux d'intérêt négatifs.

Avec ses 40 millions d'actions et options, le fonds activiste a-t-il déjà été entendu par le conseil d'administration de Nestlé dont il avait paradoxalement dénoncé la «culture de l'immobilisme»? Non, selon une de nos sources qui souligne que «ce type de décisions ne se prennent pas en 48 heures. Il faut dix jours rien que pour obtenir l'accord du régulateur».

Mais, comme le soulignait lundi l'analyste de Vontobel Jean-Philippe Bertschy, la démarche de Third Point a peut-être permis d’accélérer des réformes qui étaient déjà en discussion. Selon le Wall Street Journal, Daniel Loeb, fondateur de Third Point, et Mark Schneider, directeur de Nestlé, se seraient rencontrés en Suisse il y a deux semaines pour discuter de l'orientation du groupe. Le journal ne dit pas en revanche s'ils ont abordé le futur de L'Oréal.

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