Nestlé dément formellement son intérêt pour le chocolatier britannique Cadbury. Et pour cause: le groupe vaudois annonce ce matin le rachat, pour 3,7 milliards de dollars, des activités de pizzas surgelées à Kraft Foods, le numéro deux mondial de l’alimentation actuellement occupé à une OPA hostile sur… Cadbury.

C’est donc à la poursuite de ce dernier que Kraft consacrera les liquidités acquises grâce à la cession, à Nestlé, de ses pizzas surgelées nord-américaines. Le groupe américain annonce d’ailleurs qu’il entend améliorer son offre de rachat sur Cadbury qui, actuellement, se monte à 0,2589 actions Kraft et 300 pence en liquide, soit approximativement 740 pence par titre. Les actionnaires de Cadbury avaient clairement fait savoir qu’ils n’entreraient pas en matière à moins de 800 pence.

Dans un communiqué diffusé ce matin, Kraft indique d’une part qu’il prolonge son offre jusqu’au 2 février, et d’autre part qu’il utilisera le produit net de la vente des pizzas pour augmenter la part en liquide de son offre (environ 60 pence de plus par action Cadbury). Les détails de cette offre améliorée ne seront communiqués que le 19 janvier, conformément au calendrier défini pour les fusions et acquisitions à la bourse de Londres. «Ca ne suffira pas, estime un analyste londonien cité par Bloomberg. Le problème est que l’offre globale, même avec 60 pence de plus, reste inférieure à la valeur de Cadbury en bourse».

Après les annonces simultanées du désintérêt formel de Nestlé et des nouvelles liquidités acquises par Kraft, le titre Cadbury chutait de presque 2% à 790 pence à la bourse de Londres.

Dans la course au rachat de Cadbury, il semble donc ne rester plus qu’un seul cheval. Le seul concurrent à Kraft était Hershey, un groupe dont la taille ne permet pas un tel rachat, même en s’alliant avec Ferrero, comme cela fut évoqué un temps. Mais au titre des spéculations, les plus persistantes allaient dans le sens d’une alliance entre Hershey et Nestlé pour contrer l’offre de Kraft. Spéculations qui, aujourd’hui, ont trouvé leur démenti.

Quant à Nestlé, numéro un mondial de l’alimentation et, selon sa propre formule, «leader du bien-être et de la santé», il devient, avec des ventes cumulées de quelque 3 milliards de dollars par année, le leader mondial de la pizza surgelée.