Agroalimentaire

Nestlé vend ses assurances vie pour 1,55 milliard de dollars

La multinationale veveysanne continue à se débarrasser de ses actifs non stratégiques. Son directeur, Mark Schneider, était connu pour ses achats détonants chez Fresenius, mais l’Allemand prouve qu’il sait aussi vendre vite et bien, relève un analyste

Nestlé avait beau gagner 856 millions de dollars par an avec ses polices d’assurance vie, la vente de Gerber Life Insurance était attendue depuis dix ans par certains analystes. Confirmée lundi soir par la multinationale de l’agroalimentaire, la cession de la division du Michigan au groupe financier américain Western & Southern lui rapportera 1,55 milliard de dollars «cash».

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Une bonne opération, pour l’économiste de Vontobel Jean-Philippe Bertschy, qui se demande même: «Pourquoi Nestlé a gardé aussi longtemps ces assurances vie dans son portefeuille?» Le groupe veveysan avait racheté en 2007 le pack des actifs Gerber, spécialiste de l’alimentation pour enfants, à Novartis pour 6,7 milliards de francs. L’analyste ne voit dans les assurances de Gerber Life qu’un «résidu du deal» avec le groupe pharmaceutique.

Un nouveau foyer rentable

Western & Southern déclare, par communiqué, être pour l’heure prêt à maintenir les quelque 500 postes de la division du Michigan, spécialisée dans les polices d’assurance pour enfants. Du côté de Nestlé, on se dit «ravi d’avoir trouvé un nouveau foyer exceptionnel pour Gerber Life, où l’entreprise prospérera au sein d’une organisation de services financiers plus importante», selon le directeur du groupe, Mark Schneider, cité par communiqué.

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Les opérations d’assurance mobilisent passablement de capitaux et requièrent une surveillance attentive de mise en conformité. Or tout est désormais question de rationalisation au sein de la multinationale, qui s’était donné pour objectif, début 2017, de recalibrer un dixième de son portefeuille.

Opérations à contre-courant

Jean-Philippe Bertschy a fait ses calculs: les activités vendues par Nestlé offraient un retour sur investissement de 1,9%, contre 3,6% pour les compagnies achetées. Il pointe les «fines capacités de négociation» de Mark Schneider, alors que les analystes évaluaient Gerber Life entre 600 millions et 1 milliard de dollars. En janvier, la vente de la division américaine de confiserie à Ferrero avait déjà rapporté plus qu’attendu avec 2,8 milliards de dollars.

Quand il dirigeait Fresenius, Mark Schneider «s’était fait un nom en réalisant des achats qui avaient surpris le marché. Ils avaient pourtant permis de créer beaucoup de valeur», rappelle Jean-Philippe Bertschy. Sous ses treize ans de mandat, les ventes du spécialiste allemand de la santé ont été multipliées par quatre. A la tête de Nestlé, il prouve qu’il sait aussi vendre. Herta, Nestlé Skin Health, les glaces ou les surgelés américains: les investisseurs prennent déjà les paris sur la prochaine cession.

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