Alimentation

Nestlé veut se débarrasser de ses charcuteries Herta

A l’occasion des résultats annuels de la multinationale de Vevey, son directeur, Mark Schneider, a annoncé son intention de céder la marque allemande et ses 680 millions de francs de chiffre d'affaires

Mark Schneider ne rate jamais l’occasion de souligner à quel point l’industrie alimentaire se transforme rapidement. Une façon aussi pour le directeur général de Nestlé de justifier le rythme des restructurations de la multinationale. Jeudi, à l’occasion de ses résultats annuels, il a annoncé vouloir vendre la marque de charcuteries et produits carnés Herta, parce que «les produits à base de plante offrent de meilleures perspectives que ceux à base de viande».

Il faudra encore trouver un acquéreur au groupe – basé à Herten, en Allemagne, depuis sa fondation en 1897 –, à ses 280 millions de chiffre d’affaires et 2100 employés. Mais l’annonce confirme le virage pris par Nestlé vers des produits plus sains et organiques. Premier producteur de charcuterie en France où il compte deux usines, Herta y est connu pour son slogan «le goût des choses simples».

Transformation de 8% du portefeuille

Vantant les marques Sweet Earth et Garden Gourmet, «plus tendances», Mark Schneider a salué «les progrès considérables dans la transformation de notre portefeuille». La première, californienne, a été rachetée fin 2017; la seconde, israélienne, est dans le portefeuille de Nestlé depuis 2007. Toutes deux développent des substituts à la viande.

Nestlé avait annoncé vouloir transformer environ 10% de son portefeuille de marques. Avec la vente de Herta, après celle de la division confiserie aux Etats-Unis ou l’acquisition de la licence sur les produits Starbucks, «on est environ à 8%», précise au Temps le directeur financier de Nestlé, François-Xavier Roger. En 2018, le montant de ces cessions et acquisitions a atteint 14 milliards de francs.

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Le rythme devrait donc se poursuivre en 2019. La division de soins dermatologiques de Nestlé Skin Health est officiellement, comme Herta, en «revue stratégique». Ses sites à Egerkingen (SO) et Sophia-Antipolis (France) ont fait l'objet de restructurations qui ont déjà coûté 640 emplois.

Pour l’année en cours, le groupe projette des frais de restructuration de 700 millions de francs, mais cela «n’inclut pas que des fermetures d’usines», précise Mark Schneider. Celui qui est à la tête de Nestlé depuis deux ans a aussi insisté sur la normalité d’ajuster les capacités de production pour un groupe qui pèse 91,4 milliards de francs de chiffre d’affaires. Dont 10,8 milliards de bénéfices, selon ses résultats 2018, communiqués jeudi.

Nouvelles marques porteuses

Les nouvelles acquisitions de Nestlé ont pesé pour 0,7% dans les ventes globales. Celle du spécialiste canadien de la santé nutritionnelle Atrium Innovations mais aussi l’accord avec Starbucks, annoncé officiellement en août, compensant la cession de la division confiserie aux Etats-Unis.

La croissance organique du groupe s’est élevée à 3%. Avec une croissance interne de 2,5%, soutenue notamment par la reprise des marchés américains (2,6% contre 0,2% l’année dernière) et chinois (5% contre 1,6%). Des chiffres qui situent Nestlé dans la «fourchette haute de l’industrie agroalimentaire», vantait François-Xavier Roger lors de sa présentation.

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Le groupe a donc décidé de récompenser ses actionnaires un peu plus vite que prévu. Il devrait augmenter le dividende de 10 centimes par action, à 2,45 francs. Et utilisera ses nouvelles liquidités pour clore son rachat de 20 milliards de francs d’actions six mois plus tôt que prévu, soit d’ici à la fin de l’année.

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