Et de trois. Six ans après le lancement de sa première version, quatre ans après la deuxième mouture, le Fairphone revient dans les magasins avec une troisième édition. Distribué par l’entreprise néerlandaise éponyme, ce smartphone se veut de plus en plus éthique de plusieurs points de vue. D’abord pour les matériaux: la société affirme que le téléphone est fabriqué avec de l’étain et du tungstène sourcés de manière responsable et issus de zone sans conflit, du cuivre et des plastiques recyclés et de l’or Fairtrade. De plus, l’entreprise porte une attention toute particulière aux conditions de travail des personnes qui assemblent ces smartphones.

Et ce qui intéressera aussi l’utilisateur, c’est la modularité de l’appareil. Sept éléments du téléphone sont conçus pour faciliter les réparations. Le but est ainsi de garder son smartphone le plus longtemps possible, ce qui permettrait selon la société d’économiser 30% d’émissions de CO2, voire plus. Bref, malgré les progrès effectués par Apple, Samsung ou Huawei sur les conditions de fabrication de leurs appareils, Fairphone demeure, de très loin, celui qui en fait le plus en matière d’éthique et de préservation des ressources naturelles. Depuis ses débuts, la société a vendu environ 175 000 appareils.

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Progrès en photo

Ce qui ne l’empêche donc pas, comme on l’a dit, de lancer trois modèles en six ans. Une obligation, tant il faut suivre les progrès technologiques des concurrents et les attentes des consommateurs. Ceux-ci seront rassurés: la version 3 du Fairphone, que nous a prêté Digitec pour ce test, a réalisé de grands progrès, notamment concernant la photo.

D’apparence, l’appareil est un smartphone peu élégant. Deux grandes bandes noires en haut et en bas de l’écran de seulement 5,65 pouces de diagonale, du coup celui-ci n’occupe que 73% de la face avant, contre plus de 80% pour ses concurrents. Le Fairphone est relativement léger (188 grammes), grand (16 cm) et plutôt épais (1 cm). On est loin du design épuré des derniers modèles concurrents haut de gamme. Mais ceux qui s’intéressent au Fairphone ne l’achètent pas pour cela.

Facile à démonter

D’abord, les fans du Fairphone apprécient qu’il soit livré non seulement avec une coque en caoutchouc le protégeant sur les côtés (très utile en cas de choc), mais aussi avec un petit tournevis. Car, contrairement à tous ses concurrents, le Fairphone ne possède pas de pièces collées, mais vissées. On peut donc très facilement changer plusieurs composants clés. Il suffit d’enlever la protection en caoutchouc (ce qui requiert un peu de force), d’ôter ensuite facilement la coque arrière pour changer d’un clic la batterie. Ensuite, si l’on veut changer le capteur photo, l’écran ou le module inférieur (incluant le vibreur et le port USB-C), il faut enlever 13 vis (opération facile et presque ludique) pour avoir accès à ces composants.

Tous ces modules peuvent être commandés sur le site web de Fairphone en cas de problème. Comptez par exemple 46,25 euros (50,80 francs) pour le capteur photo, 27,73 euros pour la batterie ou 83,29 euros pour l’écran. Pour la version 2 du Fairphone, la société avait par exemple proposé, un an après son lancement, un capteur photo de meilleure qualité à acheter en ligne. Attention, le chargeur avec connecteur USB-C n’est pas livré avec l’appareil: si vous n’en avez pas, il faut acheter ce câble 19,95 euros sur le site de Fairphone.

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Un jour d’autonomie

Smartphone le plus facilement réparable du marché, le Fairphone a réalisé des progrès pour la photo: son capteur Sony IMX363 de 12 millions de pixels offre de bons clichés, comparables à ceux d’un smartphone de milieu de gamme. Les couleurs sont certes un peu froides, le mode portrait n’est pas le meilleur du marché et l’appareil n’excelle pas de nuit. Mais les clichés sont vraiment corrects, affichés sur un écran de milieu de gamme – IPS LCD d’une définition de 2160 x 1080 pixels et résolution de 427 pixels par pouce – avec lui aussi des couleurs assez froides.

Tournant avec la version 9 d’Android, livré sans aucune couche logicielle supplémentaire, le Fairphone 3 est doté d’une puce suffisamment puissante pour des applications courantes. L’autonomie de la batterie, d’un jour, est tout à fait correcte. Il est possible d’utiliser deux cartes SIM en parallèle. La mémoire interne est de 64 Go et il est possible de l’étendre via des cartes microSD.

Prix raisonnable

L’appareil ne souffre donc d’aucun défaut majeur et satisfera la majorité des personnes à la recherche d’un smartphone qui ne soit ni à la pointe du design, ni une bête de course pour les spécifications techniques. L’appareil est vendu à un prix que nous jugeons tout à fait raisonnable: 420 euros (frais de livraison compris), soit environ 461 francs, directement sur le site de Fairphone ou 499 francs chez Digitec.