Gestion de fortune

Nette hausse des revenus de Lombard Odier l’an dernier

La banque privée a dégagé un bénéfice net de 165 millions de francs en 2018 (+13% sur un an), pour une masse sous gestion de 259 milliards, en repli de 5% à cause du recul des marchés l’an dernier

Les marchés difficiles de 2018 n’ont pas empêché les grandes banques privées d’enregistrer une augmentation de leurs revenus l’an dernier. Après Pictet (revenus opérationnels +5,7%) et J. Safra Sarasin (+1,2%), Lombard Odier a dévoilé lundi une progression de 6% de son chiffre d’affaires opérationnel et un bénéfice net de 165 millions de francs hors événements exceptionnels (+13%). Ces chiffres montrent-ils que les clients ont retrouvé l’appétit pour le risque l’an dernier?

«Ils démontrent surtout que la croissance des revenus a été supérieure à l’augmentation des coûts, grâce à une stricte gestion des charges», répond Patrick Odier, l’associé senior de la banque genevoise. L’augmentation des revenus s’explique notamment par l’introduction de «nouvelles stratégies, adaptées au cycle des marchés, positives pour les clients et plus rentables pour la banque, en particulier une stratégie long/short à thématique durable sur les actions», poursuit le banquier. Il souligne enfin la part élevée de mandats de gestion (discrétionnaire ou de conseil) au sein de la clientèle, à environ 60%, qui explique aussi que les clients n’ont pas massivement vendu leurs positions en fin d’année.

Impact de 19 milliards des marchés

La baisse des marchés et les variations des devises ont eu un impact négatif de 19 milliards de francs sur la masse sous gestion l’an dernier. Une partie de cet effet a été compensée par des apports nets de quatre milliards, essentiellement dans la gestion privée. En conséquence, les avoirs confiés à Lombard Odier sont passés de 274 milliards fin 2017 à 259 milliards au 31 décembre dernier (-5%). Avant de remonter.

«Nous sommes restés fidèles à nos convictions en demeurant investis, notamment sur les actions, tout au long de 2018, y compris pendant les turbulences de la fin de l’année. Cela nous a permis de profiter de la reprise des bourses en 2019 et de capturer l’intégralité de cette variation d’actifs, puisque nous avons retrouvé et même dépassé notre niveau de la fin de 2017», reprend Patrick Odier.

Sur les 259 milliards, 159 milliards appartiennent à des clients privés (+22 milliards sur un an), 44 milliards sont issus de clients institutionnels (-4 milliards) et 56 milliards sont comptabilisés au titre de l’activité de service informatique que Lombard Odier propose à d’autres intermédiaires financiers (neuf banques notamment, auxquelles s’est ajouté le groupe Syz début janvier).

Les variations entre les trois activités s’expliquent en partie par une reclassification de certains actifs, désormais attribués à la gestion privée alors qu’ils apparaissaient auparavant sous l’activité technologique. Depuis vendredi, ce pan des affaires de la banque est supervisé par le nouvel associé de Lombard Odier, Alexandre Zeller.

Lire à ce propos: Alexandre Zeller devra accélérer l'innovation chez Lombard Odier  

L’activité technologique, qui vise une mutualisation des coûts informatiques plutôt qu’un profit direct, affiche un ratio coûts/revenus supérieur au 81% de l’ensemble du groupe (82% en 2017 et 84% en 2016). A l’inverse, il s’élève aux alentours de 75% dans la gestion de fortune, précise encore Patrick Odier.

Choix d’investissement plus restreints

Pour les prochains mois, la banque voit des opportunités dans certains marchés émergents, notamment liées à la baisse du dollar et aux prix des matières premières, tandis que certains facteurs ayant soutenu les pays industrialisés vont s’estomper, comme la réforme fiscale américaine. «Mais la croissance économique est plus vulnérable, à cause des incertitudes géopolitiques et économiques, conclut Patrick Odier. La remontée plus lente des taux d’intérêt nous incite à rester prudents sur l’obligataire. De manière générale, les choix d’investissement exigent plus d’agilité.»

A noter enfin que la banque, qui emménagera dans la commune de Bellevue dans quelques années, a retiré un profit exceptionnel de 107 millions de la vente de ses immeubles genevois l’an dernier.

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