C’est un vrai plébiscite. Lors de la session d’automne du Grand Conseil neuchâtelois mercredi, la nouvelle loi sur le développement économique, baptisée LADE, a été acceptée par les députés par 102 voix et aucune opposition. Seules cinq abstentions sont venues atténuer cette unanimité.

Par ce vote, le canton tourne la page. Il enterre définitivement l’ancienne loi de 1978, qui faisait la part belle aux exonérations fiscales pour attirer les entreprises étrangères. Une pratique issue de la crise horlogère des années 1970 et qui visait surtout à lutter contre la forte hausse du chômage.

Après une trentaine d’années, cette chasse opportuniste est donc bel et bien terminée. «La logique est complètement différente. Nous parlons aujourd’hui d’appui au développement économique, non plus de promotion économique», différencie le conseiller d’Etat Jean-Nat Karakash, qui a porté le projet de loi. En d’autres termes, les aides de l’Etat seront désormais plus ciblées, moins souvent financières, et majoritairement à destination des entreprises déjà installées sur sol neuchâtelois.

1 franc sur 8 pour des implantations

La loi devrait entrer en vigueur le 1er janvier 2016, mais sur le terrain, la nouvelle stratégie du canton est progressivement mise en place depuis 2010 déjà. L’ancien cadre législatif «était flexible et nous a permis de travailler jusqu’à aujourd’hui», souligne le Conseiller d’Etat en charge de l’économie. Pourquoi, dans ce cas, vouloir le modifier? «C’est un moyen d’affirmer nos nouveaux objectifs. Les buts exprimés dans la loi de 1978 n’était plus en phase avec notre stratégie actuelle», a-t-il réaffirmé devant les députés mercredi.

«Comme prévu par le droit fédéral, il est toujours possible de pratiquer des exonérations partielles et totales de manière exceptionnelle», nous a-t-il encore répondu par écrit, ce jeudi.

Entre 2010 et 2013, le canton a soutenu entre 40 et 50 projets par an. Il a globalement octroyé 12,6 millions de francs de financements, durant ces quatre années. Mais seulement 12% de ces aides ont visé des implantations d’entreprises, souligne le rapport du service cantonal de l’économie publié en mars dernier. Deux tiers de ces financements ont concerné la R&D et les investissements dans l’industrialisation.