Neufbanques européennes ont échoué aux tests de résistance imposés à 91 banques du continent pour éprouver leur solidité en cas de choc économique, a annoncé vendredi dans un communiqué l’Autorité bancaire européenne (EBA) chargée de ces tests. L’EBA a indiqué que ces banques avaient besoin au total de 2,5 milliards d’euros pour se renforcer.

Huit banques européennes ont échoué aux tests et une neuvième, l’établissement régional allemand Helaba, a refusé pour sa part que ses résultats soient pris en compte après avoir contesté in extremis la méthodologie de l’exercice.

Au total, cinq banques espagnoles, deux banques grecques et une banque autrichienne ont échoué, outre Helaba. Elles ont besoin à elles seules d’au moins 2,5 milliards d’euros pour renforcer leur capital, a estimé l’Autorité bancaire européenne (EBA), dont le siège est à Londres.

En outre, 16 banques n’ont réussi l’examen que de justesse, avec un ratio de fonds propres «durs» --le capital le plus sûr et facilement disponible-- compris entre 5% et 6%. Le seuil était fixé par l’EBA à 5%, y compris en cas de choc économique sévère, et les banques «tangentes» devraient également annoncer des mesures de redressement.

L’EBA sous tous les regards

Les banques testées, dans 21 pays, représentent 65% des actifs bancaires européens. L’objectif était de savoir si elles sont a priori capables de traverser une récession de deux ans. Les milieux financiers tablaient sur 10 à 15 échecs, notamment du côté des banques espagnoles, allemandes et grecques. Le pays le plus représenté dans la liste passée au crible était de loin l’Espagne avec 25 établissements, devant l’Allemagne (13) et la Grèce (6).

Conscients que le verdict de l’EBA pouvait jeter de l’huile sur le feu dans le contexte explosif de la crise de la dette, les ministres européens des Finances se sont publiquement engagés cette semaine à soutenir les banques qui échoueraient. Mais cela implique que des Etats déjà au bord de l’asphyxie budgétaire trouvent de nouveaux fonds publics.

Un an après de précédents «stress tests» raillés pour ne pas avoir détecté le naufrage imminent des banques irlandaises, l’Union européenne sait que sa crédibilité est en jeu et l’EBA a assuré que l’examen avait été cette fois-ci beaucoup plus «sévère».

Les résultats ont été contestés avant même leur publication.

En 2010, 91 banques européennes, pour la plupart les mêmes que cette année, avaient subi les tests et seulement sept avaient échoué: cinq espagnoles, une allemande et une grecque.

Sommet en vue

Après l’annonce des ces résultats, le président de l’Union européenne Herman Van Rompuy a annoncé vendredi avoir convoqué un sommet extraordinaire des dirigeants des pays de la zone euro pour le 21 juillet sur la crise de la dette et l’aide à la Grèce. «Notre ordre du jour sera la stabilité financière de la zone euro dans son ensemble et le futur financement du programme (d’aide) grec», a-t-il précisé.