Nextrom, dont le siège se trouve à Morges (VD), change de propriétaire. Nokia, son actionnaire principal (80% du capital et 86,2% des droits de vote), cède pour 7,95 millions de francs ses titres à l'autrichien Knill. Annoncée lundi, l'opération doit être avalisée par le conseil d'administration de Nextrom. Suite à cette vente, Nokia n'aura plus aucune prétention sur le fabricant de machines produisant des fibres optiques. La Bourse suisse a réagi positivement à la nouvelle, l'action Nextrom gagnant plus de 30%.

La finalisation de la transaction est agendée pour la fin de ce trimestre. Le rachat prévoit que Knill reprenne le prêt restant de 20 millions octroyé par Nokia à Nextrom. Le remboursement de cette dette se fera grâce à la vente de plusieurs actifs de Nextrom, selon un communiqué commun publié lundi. A l'issue de la reprise, les fonds propres de Nextrom se monteront à environ 8 millions. Le fabricant sera enfin libéré du bail portant sur le bâtiment situé à Vantaa en Finlande. Car si le siège de Nextrom se trouve bien à Morges (cinq collaborateurs), ses activités se partagent entre Vantaa (Finlande), Shanghai (Chine) et Atlanta (Etats-Unis). Le groupe emploie près de 150 personnes à travers le monde (contre 350 fin 2002).

Le repreneur, l'autrichien Knill, n'a pas communiqué les changements organisationnels à venir. «[…] Les plans finaux de restructuration seront communiqués ultérieurement, après la finalisation de la transaction», précise juste l'annonce faite lundi. Ce qui signifie que le fabricant ne survivra pas sous sa forme actuelle. «L'impact sur le personnel n'est pas encore détaillé, mais le siège de Nextrom va rester en Suisse», affirme Jouni Heinonen, CEO de Nextrom.

Plongeon des ventes

Basé à Weiz à l'est de l'Autriche, le groupe familial Knill entend intégrer Nextrom dans son unité «câbles et fils», l'une de ses trois divisions. Nextrom devrait cependant rester cotée à la Bourse suisse. Le groupe autrichien, qui compte près de 800 employés pour un chiffre d'affaires de 100 millions d'euros, est encore actif dans l'électrotechnique et les techniques de boulangerie.

La vente de Nokia n'est pas une surprise. «A long terme, Nokia a clairement l'intention de vendre ses actions, mais reste très flexible sur le timing. Le groupe finlandais n'a pas donné de date et ne se montre pas pressé», déclarait déjà Jouni Heinonen au Temps le 12 février 2002. Intention aujourd'hui concrétisée.

La concentration de Nextrom (ex Nokia-Maillefer) sur les activités liées à la fibre optique remonte à la fin 2000. Cette décision avait impliqué la vente des activités câbles métalliques, tubes et films plastiques de la société. A l'époque, Nextrom projetait des ventes de près de 290 millions et un résultat net de 18 millions à l'horizon 2005.

La réalité s'est avérée bien différente, puisque le groupe n'est jamais sorti des chiffres rouges, accumulant une perte de 133,7 millions entre 2000 et 2003. Les ventes annuelles sont même tombées à 17,1 millions en 2003. Impliquant plusieurs restructurations et poussant Nokia à recapitaliser la société. La crise secouant le secteur des télécoms est à l'origine de ces piètres résultats. Cela explique la descente aux enfers du titre qui valait 338,30 francs à son plus haut le 7 novembre 2000 contre moins de 10 francs aujourd'hui.