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Nexus 6P, Googlephone cinq étoiles

Les nouveaux venus dans la gamme des Nexus, ces smartphones estampillés Google et fabriqués par divers constructeurs, sont disponibles depuis peu en Suisse. L’occasion de prendre en main le Nexus 6P, modèle le plus haut de gamme des deux

La dynastie des Nexus a décidément bien changé depuis les débuts du Nexus One en 2010. Google les a d’abord conçus comme des vitrines technologiques destinées aux développeurs sur Android, le système d’exploitation maison de la firme. Laquelle a ensuite tenté de les démocratiser en cassant leurs prix avec les Nexus 4 et 5, deux appareils convaincants mettant l’accent sur les performances au détriment des fonctions photo.

Avec ce nouveau cru, la gamme prend un nouveau virage: les Nexus ne se contentent plus d’être des bêtes de course sans fioriture, ils embarquent désormais tout le raffinement que l’on est en droit d’attendre d’un smartphone haut de gamme. L’autre révolution liée à ce Nexus 6P, c’est son constructeur, le Chinois Huawei. Longtemps critiqué pour ses appareils médiocres, celui-ci a su fabriquer des téléphones très convaincants ces dernières années, ce qui lui a sans doute valu la confiance de Google.

Un écran presque parfait

Avec 5,7 pouces de diagonale, le Nexus 6P boxe dans la catégorie des phablettes, ces smartphones au grand écran imaginés par Samsung sur ses Galaxy Note. Sur cette grande tartine, Huawei a étalé près de 3 millions de pixels (2 560 x 1 440, soit 518 pixels par pouce), ce qui les rend indiscernables à l’œil nu à une distance raisonnable. Le tout repose sur une dalle AMOLED, une technologie concurrente du LCD offrant des noirs très profonds (les pixels noirs étant éteints) et une excellente lisibilité en extérieur. Notons enfin que le revêtement hydrophobe amoindrit considérablement les traces de doigts. Disons-le tout net: Huawei frôle le sans faute. Seule ombre au tableau, les couleurs sont mal calibrées (très saturées) au déballage, il faut passer par un menu obscur pour les rétablir, et ce à chaque démarrage de l’appareil…

Ergonomie réussie

De nombreuses personnes se demandent souvent si une telle diagonale n’est pas trop grande pour un smartphone. Il faut prendre le Nexus 6P en main pour comprendre qu’une bonne conception de la coque peut tout changer. Huawei a réussi le pari de faire tenir cet écran dans un boîtier fin qui tient parfaitement en main dès la première utilisation, sans glisser ni chauffer. Les boutons d’alimentation et de volume sont placés plus bas que d’habitude pour les rendre accessibles. Les finitions métalliques sont irréprochables et le poids (178 grammes) est équivalent à la concurrence. Un mot enfin sur le capteur d’empreinte digitale, situé sur la façade arrière: il répond à une vitesse incroyable, encore plus vite que sur l’iPhone 6. Un moyen de sécurisation appréciable, même si sa fonction première – l’authentification lors d’un paiement sans contact – n’a à notre connaissance strictement aucune application en Suisse.

Enfin des photos crédibles

Mais le domaine où ce Nexus est attendu au tournant, c’est l’appareil photo, sur lequel Google a lourdement insisté dans sa communication. Il s’agit d’un capteur de 12,3 mégapixels, plus grands qu’habituellement afin de les rendre plus sensibles aux basses luminosités, la bête noire des smartphones. Comparés aux anciens Nexus, le résultat est incomparablement meilleur, les images sont dignes d’un téléphone haut de gamme. Les couleurs sont fidèles et le piqué crédible. Mais cela ne suffit pas, à notre avis, à battre les meilleurs élèves dans ce domaine que sont par exemple l’iPhone 6s, le S6 ou encore le G4 de LG. L’absence de stabilisateur optique et la partie logicielle poussive et dépouillée n’y sont sans doute pas étrangères. Du côté vidéo, notons la présence de la 4K et des séquences en 120 ou 240 images/seconde pour réaliser des ralentis de sportifs ou de chats qui courent.

Adieu micro-USB, bonjour USB-C!

Au rayon des nouveautés, on trouve aussi un nouveau connecteur USB de type C. Réversible, il s’insère beaucoup plus facilement que les micro-USB actuels et autorise une charge rapide pour peu qu’on utilise un chargeur 15 watts. Une vingtaine de minutes de charge suffisent ainsi à tenir une journée, ce qui est appréciable tant que les batteries se videront toujours aussi rapidement. On doit néanmoins dire adieu à tous ses chargeurs religieusement conservés jusqu’ici. Tel est le prix des nouveaux standards…

De prix, justement, il en est question: à partir de 599 francs en version 32 Go, sans possibilité d’insérer une carte SD. Le Nexus 6P les vaut-il? Sans l’ombre d’un doute. C’est un téléphone cinq étoiles qui n’a pas à rougir face aux iPhone 6 plus et autres Galaxy Edge +. Mais en augmentant le prix par rapport aux générations précédentes, Google va certainement se priver d’une bonne part de ses fidèles.

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