Cleantech

NGL veut réduire drastiquement les rejets d’eaux industrielles

La PME vaudoise, rachetée en 2010 par le holding français Abaque, réalise un chiffre d’affaires de 17 millions de francs

Rares sont les PME romandes actives dans les cleantech – ou les technologies propres – et employant plus de 70 collaborateurs. La société NGL Cleaning Technology à Nyon en fait partie. Cette entreprise fournit des composants chimiques pour traiter les bains de lavage à des milliers de clients à travers le monde. Elle propose de remplacer les solvants par des solutions aqueuses. Toutes sortes d’industries sont concernées par ses produits, aussi bien le secteur horloger que celui de l’ophtalmique, de l’optique de précision, de la bijouterie ou de l’automobile. NGL Cleaning Technology a développé un nouveau procédé permettant de récupérer les eaux industrielles des bains de rinçage dans des cuves de stockage pour éviter qu’elles ne partent veut dans les stations d’épuration.

Ces eaux industrielles sont ainsi récupérées, filtrées puis renvoyées dans ces mêmes bains de rinçage. «On tourne en circuit fermé. Des tests sont actuellement effectués chez quelques clients. Ce procédé permet d’économiser jusqu’à 75% du volume d’eau nécessaire dans les processus de lavage des pièces mécaniques», explique Jean-Michel Balmelle, directeur général et co-propriétaire de l’entreprise, via le holding français Abaque. Celui-ci a racheté en 2010 la PME vaudoise à la famille de Georges Letellier, décédé en 2008, fondateur de l’entreprise. En 2005, l’entreprise réalisait un chiffre d’affaires de 8 millions de francs et comptait 30 collaborateurs. En 2015, elle comptait 75 collaborateurs pour des ventes de 17 millions de francs et des filiales en Chine, en France, au Danemark, en Allemagne et à Singapour.

«L’eau est une ressource stratégique clé encore trop souvent gaspillée car peu chère. Le système de NGL est avant-gardiste et permet de réduire drastiquement le volume d’eau à traiter en sortie des procédés de rinçage industriels. Ce système a un impact direct sur l’exploitation des stations d’épuration des eaux usées», estime Eric Plan, secrétaire général de CleantechAlps, une association qui réunit plus de 650 sociétés actives dans les technologies propres en Suisse occidentale.

NGL Cleaning Technology souhaiterait commercialiser son procédé dans le courant de l’année. «En économisant 20 mètres cubes d’eau par jour, le système dont le coût avoisinera les 65 000 francs, sera amorti en une année», estime Jean-Michel Balmelle. Et d’ajouter: «Les industriels subissent une pression de plus en plus marquée des communes car le volume des eaux industrielles prend toujours plus de place dans les stations d’épurations.»

En attendant la commercialisation de son nouveau procédé, NGL Cleaning Technology génère son chiffre d’affaires sur la vente de produits de nettoyage de précision. Ces solutions permettent de remplacer les différents solvants, notamment les chlorés.

La PME propose des nettoyants aqueux dilués dans des cuves. Il s’agit de produits qui ne contiennent pas plus de 10% de composés organiques volatils. «Un bain de lavage est constitué de 3 à 5% d’agents actifs, mélangés à de l’eau. À cela s’ajoutent des ultrasons. Le tout permet d’enlever les salissures», explique Jean-Michel Balmelle. Il cite par exemple le nettoyage d’un bracelet de montre en métal. Lorsque celui-ci est poli, des abrasifs restent incrustés dans les porosités du métal. Le bracelet est alors plongé dans ces bains à ultrasons afin d’enlever des résidus de pâte à polir.

«Nous détenons plus de 50% du marché horloger», affirme Jean-Michel Balmelle. La société occupe également une position de leader dans le nettoyage des verres optiques qui doivent passer par plusieurs bains avant de finir sur une monture. Les nettoyants aqueux sont aussi destinés à l’élimination de composés de polissage sur le matériel médical et orthopédique. En outre, ils permettent d’éliminer des pâtes à polir sur le laiton de robinetterie.

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