Il n’y aura pas de retour à la croissance sans le commerce international et l’investissement, a affirmé la directrice générale de l’Organisation mondiale du commerce (OMC), Ngozi Okonjo-Iweala lors d’une conférence de presse jeudi, au Forum économique mondial, à Davos. La remondialisation et les collaborations entre les secteurs public et privé font partie des solutions, estime-t-elle. «Le commerce est partie de la solution, pour un retour à la croissance, pour le climat, pour répondre à la pandémie, et à tous les problèmes communs que nous avons.»

La fragmentation serait très coûteuse pour le monde, affirme-t-elle. Selon les calculs des économistes de l’OMC, «si nous nous trouvions avec deux blocs commerciaux, cela conduirait à une baisse de 5% du produit intérieur brut mondial, c’est une perte massive, équivalent au PIB du Japon ou à ce qui a été perdu lors de la crise financière de 2008».

Le ministre du Commerce de Corée du Sud, Ahn Duk-geun, présent à la conférence de presse, a pour sa part insisté sur les progrès réalisés dans les discussions entre les pays membres de l’OMC. «Les négociations sur la facilitation de l’investissement au sein de l’OMC sont suivies avec beaucoup d’attention. Nous sommes à la dernière étape avant la fin de ces négociations. Nous prévoyons d’atteindre un accord dans la première moitié de cette année, ou au plus tard à la fin de l’année. Aujourd’hui, lors d’une réunion ministérielle, 27 pays membres ont déjà montré un fort engagement et nous allons élargir cet engagement à 112 autres pays», a affirmé le ministre coréen.

Engagement suisse sur le climat

Autre point important souligné par la directrice générale: le rapprochement entre les deux mondes du commerce et du climat. Le conseiller fédéral Guy Parmelin a lui aussi insisté sur le lien entre ces deux dimensions, après avoir participé à la première réunion d’une coalition de ministres du Commerce pour le climat. L’objectif est de mettre la lutte contre le réchauffement au centre du commerce et des politiques commerciales, a-t-il expliqué à la presse jeudi. La Suisse étend ainsi son engagement international pour le climat. «Nous n’avons pas parlé du montant» qui pourrait être injecté, a affirmé à la presse Guy Parmelin en marge du Forum économique mondial (WEF). «Nous allons commencer le travail», a-t-il dit. Parmi les participants se trouvait également son homologue américaine, Katherine Tai. Les deux responsables se sont ensuite rencontrés pendant plusieurs dizaines de minutes.