Le mois prochain, Gabriella Zanoletti s'envolera pour Kaboul, où elle visitera l'atelier de 40 couturières dont elle a financé le démarrage, tout comme elle a payé une école et les installations sanitaires de base pour la tribu Karara dans la région du Xingu (Brésil).

Dix-huit ans après avoir fondé Elite Rent-a-Car, leader suisse et européen de la location de voitures haut de gamme, cette Italienne «catholique avec des sympathies bouddhistes» prend un peu de champ avec l'entreprise dont elle reste présidente. Elite Rent-a-Car, c'est aujourd'hui un parc de 80 voitures, un yacht de 14 mètres, 15 millions de chiffre d'affaires réalisé avec 65 collaborateurs, un bénéfice net de 360 000 francs en 2004, a précisé jeudi Gabriella Zanoletti, invitée du Business Club à Genève.

«Moi, les voitures ne m'intéressent pas particulièrement», ose dire cette femme qui frôle des belles carrosseries à longueur de journée. «La persévérance et la foi: c'est ce qui manque souvent aux gens intelligents», ajoute-t-elle. De la persévérance, il en a fallu pour traverser le marché baissier de 2003 et 2004. Gabriella Zanoletti a réorganisé les activités de l'entreprise en holding pour en assurer la pérennité et le développement. Présente en Europe, à São Paulo et à Moscou, Elite Rent-a-Car va élargir sa toile à Dubaï, au Portugal, aux Etats-Unis et en Chine. Objectif: 20,6 millions de chiffre d'affaires en 2005 et un bénéfice net de 1,14 million.

Prix Veuve Cliquot 2003, invitée par Micheline Calmy-Rey mardi lors de la Journée de la femme, Gabriella Zanoletti regrette que les femmes suisses manquent de «niaque»: «Je suis la preuve qu'on peut défendre des valeurs féminines dans un monde masculin.»