Une personnalité hors du commun, selon Jean-Daniel Pasche (FH) Avec le décès de Nicolas Hayek, c’est une personnalité hors du commun qui disparaît, a réagi Jean-Daniel Pasche. Pour le président de la Fédération de l’industrie horlogère suisse (FH), le président de Swatch Group a été visionnaire à tous les niveaux.Nicolas Hayek était un personnage très présent dans le monde horloger depuis les années 70. «C’est un véritable choc. La surprise est d’autant plus grande qu’il était encore très actif», a ajouté Jean-Daniel Pasche.

Il croyait en l’industrie suisse, souligne Jean-Claude Rennwald Nicolas Hayek était fier de la place industrielle suisse et a toujours cru en son avenir, même quand d’autres la croyaient moribonde, souligne Jean-Claude Rennwald. Il a beaucoup investi sur sol helvétique, et en particulier dans l’Arc Jurassien.«Je l’avais rencontré il y a cinq ou six semaines et on ne pouvait se douter de rien, il était en très bonne forme, il avait beaucoup d’idées», a raconté à l’ATS Jean-Claude Rennwald, membre de la direction d’Unia et responsable de l’horlogerie.L’entrepreneur était assez ouvert aux revendications des travailleurs. «Avec toutefois un petit côté paternaliste, voire autoritaire», note le syndicaliste. «Même s’il était au sommet, aucun détail du fonctionnement de son groupe ne lui échappait.»«L’un de ses principaux atouts: il a fait de son entreprise un groupe bien diversifié, du bas de gamme au haut de gamme», explique Jean-Claude Rennwald. De quoi résister aux turbulences conjoncturelles.Ainsi, «l’année passée, il n’y a pas eu de vent de panique pendant la crise. Tout le monde se plaignait – lui, jamais, comme s’il voulait en montrer aux autres patrons», ajoute Jean-Claude Rennwald. Reste qu’il n’y a «pratiquement pas eu d’emplois perdus chez Swatch Group, alors que le secteur en a perdu 4200».De plus, Nicolas Hayek avait l’esprit ouvert, avec des idées modernes aussi hors de l’horlogerie. Et constamment, «il pensait plus loin que les intérêts et bénéfices immédiats.»Le décès de Nicolas Hayek est certes une grosse perte pour le monde horloger. Mais comme il ne laissait rien au hasard, il a dû préparer solidement l’avenir de son entreprise, estime le syndicaliste.

La Suisse lui doit beaucoup, relève Doris Leuthard De par son engagement et ses courageuses interventions, Nicolas Hayek a donné durant des décennies de grandes et importantes impulsions à l’ensemble de l’entrepreneuriat et de l’économie suisses, a déclaré la présidente de la Confédération Doris Leuthard. Nous lui devons beaucoup, a ajouté la ministre de l’économie.

Un vide incroyable pour l’horlogerie, estime Jean-Claude Biver La disparition de Nicolas Hayek laissera un «vide incroyable» au sein de l’industrie horlogère helvétique, estime Jean-Claude Biver, patron des montres Hublot. La Suisse perd avec le président de Swatch Group un entrepreneur exceptionnel et un visionnaire.«Nicolas Hayek était un faiseur», a réagi lundi Jean-Claude Biver, s’exprimant sur les ondes de la RSR. Eternel optimiste, celui que l’on qualifiait volontiers de sauveur de l’horlogerie à la fin des années 1970 et au début des années 1980 pouvait cependant se montrer dur en affaires, a-t-il reconnu.Comme lorsque Nicolas Hayek a décidé il y a quelques années de ne plus livrer ses mouvements à la concurrence. «Dur mais juste», précise Jean-Claude Biver, un ancien de Swatch Group pour lequel il a présidé jusqu’en 2003 la marque Omega. Le Luxembourgeois avait auparavant vendu les montres Blancpain à Nicolas Hayek.Avec cette décision, Nicolas Hayek a obligé la branche à se développer, à ne plus dépendre d’un seul fournisseur, explique Jean-Claude Biver. Et ce dernier de mettre en exergue que l’entrepreneur d’origine américano-libanaise savait toujours défendre son groupe pour lui permettre d’évoluer.