«N’avons-nous assez attendu pour réguler une mondialisation qui, à côté de l’abondance de richesse qu’elle contribuait à créer, faisait grandir des poches de misères et de frustration? Le monde ne peut pas être gouverné que par la loi de l’offre et de la demande. La mondialisation ne peut pas être l’alibi de tous nos renoncements politiques, intellectuels et moraux. Or c’est ce à quoi nous condamne l’absence de régulation mondiale.»

Le président français Nicolas Sarkozy a profité du Sommet de l’emploi organisé (de lundi à mercredi) à Genève par le Bureau international du travail pour reprendre un de ses thèmes favoris, c’est-à-dire le besoin de réguler la finance, le commerce, le travail, la production, l’environnement et la protection sociale.

Pour le président français, il faut commencer par réguler le capitalisme financier qui impose à l’économie et à la société son propre système et ses propres normes. Il a expliqué que les deux sommets du G20, à Washington en octobre et à Londres en avril, ont provoqué déjà quelques changements. «Je pense en particulier aux paradis fiscaux. Dans beaucoup d’autres domaines, il faudra aller beaucoup plus loin pour reconstruire un système financier qui finance davantage les entrepreneurs que les spéculateurs», a-t-il déclaré.

Nicolas Sarkozy a par ailleurs plaidé en faveur d’un renforcement du BIT. «Il faut qu’il ait son mot à dire au même titre que l’Organisation mondiale du commerce, le Fonds monétaire international et la Banque mondiale», a-t-il soutenu. Selon lui, le directeur de l’organisation devrait participer aux forums de chefs d’Etat qui dessinent les grandes orientations politiques et économiques mondiales.