Le Nikkei est dopépar les rachats d’actifs

Marchés La bourse de Tokyo est à son plus haut niveau depuis sept ans

Soutenue par l’action de la Banque du Japon et du pouvoir, elle promet de nouveaux records

Sony, l’ancienne gloire de l’électronique japonaise, va mal. Le groupe avait indiqué, juste avant un long week-end de trois jours dans l’Archipel, que ses ventes de smartphones étaient plus mauvaises que prévu. Engluée dans le rouge, sans stratégie de sortie de crise claire, sa perte annuelle devrait atteindre 230 milliards de yens, soit 1,6 milliard d’euros. Pourtant, hier, dès la réouverture de la place de Tokyo, les investisseurs se sont rués sur le titre du groupe. A la clôture, il avait enregistré un bond de 11,05%. Un même enthousiasme dénué de toute considération pour l’état réel des entreprises nippones, a fait bondir la valeur des actions de Panasonic (6%), d’Olympus (5,36%) ou encore de Fuji Heavy Industries, qui produit les voitures de la marque Subaru (11,7%).

Pour justifier cette euphorie qui a propulsé, à la clôture, l’indice Nikkei 225 à son plus haut niveau des sept dernières années, à 16 862,47 points, et l’a même poussé momentanément au-dessus de la barre symbolique des 17 000 points, les investisseurs pointent la mécanique implacable de soutien au marché qu’ont dévoilé, vendredi dernier, le gouvernement japonais et la Banque du Japon (BoJ).

En annonçant une augmentation de la taille de son programme d’assouplissement quantitatif, la banque centrale va alimenter une nouvelle phase de dépréciation du yen. Désormais, les analystes de BNP Paribas estiment que le dollar permettra d’acheter 115 yens en début d’année prochaine – contre 113,65 hier soir – et que le billet vert vaudra même 124 yens fin 2015. En se dépréciant, le yen gonfle mathématiquement la valeur comptable des revenus rapatriés de l’étranger par les grands groupes nippons. Et naturellement, leurs profits, dans la comptabilité nippone, en seront d’autant dopés au fil de cette baisse de la devise nippone.

Pour soutenir encore ce mouvement qui réjouit les courtiers, Tokyo vient de contraindre le gigantesque fonds de pension public du pays (le GPIF) à acquérir deux fois plus d’actions japonaises qu’il ne le faisait auparavant. Au fil des prochains mois, ces achats massifs devraient, globalement, contribuer à soutenir les valeurs des titres vedettes de la place, quelles que soient leurs performances.

En se dépréciant,le yen gonfle la valeurdes revenus rapatriés de l’étranger parles groupes nippons