En juillet 2007, les perspectives étaient au beau fixe pour Nobel Biocare lors de l’annonce de la nomination de Domenico Scala, en remplacement d’Heliane Canepa. Lorsque l’ex-directeur financier de Syngenta a repris les commandes du fabricant d’implants dentaires, le groupe sortait d’une phase de forte croissance, affichant des taux de croissance annuels de plus de 20%. La chute est d’autant plus brutale lorsque la crise financière éclate. Après trois ans et demi passés à la tête du groupe d’origine suédoise, Domenico Scala remettra son poste à fin avril à Richard Laube, a annoncé Nobel Biocare mercredi dans un communiqué.

Straumann a mieux résisté

Le marché des implants dentaires, habitué à des taux de croissance d’environ 15% jusqu’à 2007, est passé sans transition d’une décennie d’euphorie à un brusque ralentissement, suivi d’une très lente reprise. En 2010, les cinq plus grands fabricants d’implants dentaires, qui contrôlent les deux tiers de ce marché, ont affiché une croissance tout juste positive durant les trois premiers trimestres, selon des estimations présentées mardi par Straumann. La société bâloise s’est du reste montrée satisfaite de la hausse de 4,6% de ses ventes en monnaies locales en 2010. Straumann a aussi affiché un bénéfice plutôt stable à 131 millions (–11%), contrairement à son concurrent qui a replongé dans les chiffres rouges au troisième trimestre. Ce jeudi, Nobel Biocare devrait publier un bénéfice de 54 millions d’euros, en recul de moitié par rapport à 2009.

Le secteur va-t-il se reprendre cette année? Straumann reste prudent, anticipant une croissance de ses ventes en monnaies locales d’environ 5%. En novembre, Nobel Biocare tablait de son côté sur une «bonne croissance à un chiffre» de ses ventes. L’évolution des ventes outre-Atlantique sera aussi décisive pour les deux leaders du marché. Aux Etats-Unis, le taux de pénétration des implants dentaires reste inférieur d’un tiers à celui de pays comme la Suisse, la Suède ou l’Allemagne.

Mercredi, les marchés ont d’abord bien accueilli l’annonce. L’action a ouvert en forte hausse avant de virer au rouge. Si Kepler estime que ce changement pourrait servir de «moteur» pour relancer le titre, d’autres analystes sont plus sceptiques. Pour Citi, ce changement signifie peut-être que l’entreprise a plus de peine que prévu à atteindre son objectif de retrouver une croissance similaire à celle du marché d’ici à la mi-2011. Mercredi, l’action de Nobel Biocare a cédé 2% à 19,05 francs.