Nobel Biocare contre-attaque dans l'étrange controverse qui l'oppose depuis mai dernier à deux professeurs de l'Université de Göteborg.

Ces derniers, anciens consultants pour la firme suédoise cotée en Bourse suisse, affirment que le nouvel implant dentaire Nobeldirect provoque une réduction de la matière osseuse. Le risque que la dent artificielle déchausse justifie un retrait du produit, affirment-ils.

Nobeldirect ne générant que 2% du chiffre d'affaires du groupe, l'impact financier serait modéré. Mais l'enjeu en termes d'image est important. Depuis que l'affaire a été évoquée par la Télévision suédoise en octobre, l'action Nobel Biocare a perdu 18%. Les dénégations répétées de la firme n'y ont rien fait, jusqu'à jeudi. L'action a rebondi jusqu'à 3% hier, après la mise en cause du sérieux des critiques.

La société qui demandait depuis mai qu'on lui transmette l'étude accusatrice a menacé de poursuivre l'Université de Göteborg en justice. Efficace: les documents lui ont été fournis le 23 décembre. Après ce succès, Nobel Biocare avait indiqué qu'elle observerait le silence jusqu'à ce que l'Agence suédoise des produits médicaux, saisie du dossier, rende ses conclusions. Mais cet engagement a été rompu après qu'un troisième dentiste suédois a remis en cause, lundi, la fiabilité de Nobeldirect. Dans un communiqué, Nobel Biocare a livré ses premières conclusions sur les travaux des universitaires: ils ne citent que 27 patients problématiques, un nombre jugé «statistiquement non significatif» au regard des quelque 60000 implants Nobeldirect déjà mis en place. Jusqu'à présent, les deux universitaires avaient évoqué une centaine de cas de perte osseuse parmi 300 patients étudiés.

Enfin, les cas révélés lundi par le troisième dentiste «sont pour la plupart déjà inclus dans les études cliniques menées par Nobel Biocare. Or, celles-ci concluent que Nobeldirect est plus sûr que les autres implants», déclare un porte-parole. Aucun des trois détracteurs n'a pu être joint.