La société de courtage suisse Noga s’est félicitée mardi dans un communiqué d’un jugement du Tribunal de grande instance (TGI) de Paris qui a débouté la Russie d’une plainte pour «dommage à la réputation et aux intérêts économiques» du pays.

La Russie réclamait un million d’euros à titre de dommages et intérêts, selon Noga qui se déclare «confortée» par la décision en sa faveur du TGI de Paris dans un jugement rendu le 1er juillet dernier. La société suisse du financier genevois Nessim Gaon a qualifié la requête de la Russie de «rideau de fumée».

En janvier 2008, la société Noga avait tenté de saisir en France des biens russes pour 50 millions d’euros, appartenant notamment à l’Agence spatiale russe Roskosmos, la Banque Centrale russe et l’agence d’informations Ria Novosti. La justice française a ensuite débloqué ces actifs temporairement gelés.

«Même si la compagnie n’a pas saisi les actifs russes, les actions de Noga ont causé un dommage à la réputation et aux intérêts économiques de la Russie», avait invoqué le ministère russe des Finances lors du dépôt de la plainte en mai 2008.

Noga se trouve en litige avec l’Etat russe depuis plus de dix ans au sujet d’un contrat de troc de nourriture contre du pétrole, portant sur 1,5 milliard de dollars (950 millions d’euros). La Russie aurait cessé unilatéralement ses livraisons de pétrole.

Pour récupérer les sommes qu’elle estime lui être dues, Noga tente de saisir des biens de l’Etat russe à l’étranger. Les avocats de Noga avaient ainsi convaincu en juillet 2000 la justice française de bloquer le célèbre voilier-école russe «Sedov» dans un port français pendant plus d’une semaine.