Banques

Le nombre d’agences augmente dans les villes romandes de taille moyenne

Si Genève est la ville la plus touchée par le déclin des succursales bancaires depuis 2001, la tendance est au contraire positive à Carouge, Bulle, Fribourg, Nyon et Neuchâtel, selon une enquête de la «Handelszeitung»

Plusieurs villes de taille moyenne, en particulier en Suisse romande, s’inscrivent à contre-courant de la tendance à la disparition des succursales de banques et augmentent le nombre de leurs guichets depuis seize ans, selon une enquête de la Handelszeitung (HZ) à paraître ce jeudi. L'hebdomadaire s’est penché sur les données des banques à partir des annuaires téléphoniques (Twixtel) entre 2001 et 2017. En effet, ni la Finma ni l’Association suisse des banquiers ne disposent de liste complète des succursales.

L'effet du progrès technique

Les plus fortes augmentations se sont produites à Berne (+12), Carouge (+11), Bulle (+6), Fribourg (+6), Nyon (+5), Neuchâtel (+5) et Bienne (+4). Toutefois, la Suisse ne compte plus que 3029 agences bancaires en 2017, contre 3733 en 2001, soit une baisse de 19%.

Lire aussi: L’emploi bancaire face à la disruption

Globalement la mort des guichets se poursuit sous l’effet du progrès technique, explique Christoph Schaltegger, professeur à l’Université de Lucerne. En effet, 704 agences ont fermé depuis 2001, selon la HZ, mais 1700 succursales avaient déjà mis la clé sous la porte entre 1990 et 2000. La tendance devrait d’ailleurs se poursuivre. Le nombre de transactions effectuées dans une succursale diminue parfois jusqu’à 25% par an, indique Andreas Dietrich, professeur à l’Université de Lucerne. Le phénomène est global. En Allemagne, 10 000 agences ont été supprimées depuis l’an 2000, selon la Handelsblatt.

Genève est la ville la plus touchée

L’enquête de la HZ montre que 347 communes suisses n’ont plus de succursale bancaire. Les disparitions les plus significatives concernent les régions dites périphériques ainsi que les grandes villes. Le record appartient à Breggia, au Tessin, avec la fermeture de ses quatre agences. Suivent La Baroche, en Ajoie, et Schwerzenbach (ZH), avec chacune trois.

Genève est la commune qui a assisté à la plus forte baisse depuis 2001 (–41), devant Zurich (–31), Lugano (–13), Lausanne (–10) et Val-de-Ruz (–9). Le recul enregistré au bout du lac n’est pas uniquement le fait de banques de détail, mais aussi le résultat d’une réduction de la présence des banques étrangères et des gérants de fortune, précise la HZ.

Lire également: La banque privée à l’aube de sa renaissance

Le canton d’Argovie est le plus touché par la «mort des guichets de banque»: 98 communes (sur un total de 213) ont encore au minimum une succursale, contre 148 communes au tournant du siècle (ajustées des fusions). Les cantons de Berne (–51), Vaud (–31) et Zurich (–28) comptent le plus de communes sans banque. Il importe de préciser que certaines communes continuent d’avoir un bancomat.

Valiant et Migros à contre-courant

Il arrive aujourd’hui qu’une commune de 9000 habitants n’ait plus de guichet bancaire. C’est le cas de Schübelbach, dans le canton de Schwyz. Comme d’autres communes du canton ont assisté au même phénomène, une initiative populaire a été lancée il y a trois ans dans le canton, exigeant la présence d’une succursale dans chaque commune d’au moins 2500 habitants.

Les banques Raiffeisen comptent le plus grand nombre de guichets bancaires du pays, mais aussi la plus forte baisse depuis 2001 (–27%, à 943). La coopérative a l’intention de réduire sa présence à quelque 800 agences au cours des cinq à dix prochaines années.

Les banques cantonales ont également réduit significativement leur réseau (–22%, à 669) et un peu moins les grandes banques (–18%, à 468). Certains instituts ont choisi, à l’inverse, d’augmenter le nombre de succursales. Valiant a plus que doublé ses guichets (de 46 à 91) et Migros les a accrus de 70%, pour un total de 67.

Publicité