Egalité

Le nombre de femmes dans les conseils d'administration atteint un record

Le taux suisses – 17% – reste toutefois bas en comparaison avec les autres pays européens 

Après des années de stagnation, une amélioration. Le nombre de femmes dans les conseils d’administration en Suisse atteint un niveau record, selon une étude du consultant Guido Schilling. Le taux passe ainsi de 16% à 17% parmi les 100 plus importantes entreprises du pays, a dévoilé le responsable devant la presse mardi à Zurich.

Un niveau qui, toutefois, «ne suffit pas pour une hausse durable et significative dans l’optique des 30% exigés par la politique». Il faudrait une génération pour y arriver à ce rythme. Ce, alors que l’ensemble des pays européens ont progressé plus rapidement ces dernières années. Championne d’Europe, la Norvège compte 43% de femmes dans les conseils d’administration, suivie de la France (41%) et de la Suède (37%). L’Italie, l’Allemagne, la Finlande et la Belgique sont proches ou au-dessus des 30%.

«Suffisamment de candidates»

Parlant de sa propre expérience de recruteur, Guido Schilling a assuré qu’il «existe aujourd’hui suffisamment de candidates parfaitement qualifiées pour siéger au sein de conseils d’administration.» De fait, il s’est fixé la règle de toujours présenter des candidates lorsqu’il est mandaté pour chercher des administrateurs. Pour lui, l’objectif des 30% de femmes dans les conseils d’administration, voire plus, est atteignable. Et, ce «même sans quotas», a-t-il souligné, ne cachant pas son scepticisme face à une telle mesure. Il a préféré souligner le modèle britannique où l’engagement des entreprises a permis de passer de 11% à 27% d'administratrices.

Du côté des fonctions de direction, la situation s’est amélioré «autant en une année qu’au cours des dix années précédentes». Mais le taux reste bas, passant de 6% à 8%. Avec 24% de conseillères d’Etat et 14% de cadres supérieures, le secteur public a un temps d’avance sur le secteur privé, a ajouté le consultant.

Bobst, mauvais élève

Le consultant s’est aussi penché sur le «pipeline», c’est-à-dire sur le nombre de femmes dans des postes de cadres qui seraient de potentielles dirigeantes d’entreprises ou administratrices. Dans l’encadrement intermédiaire, 21% des chefs sont des cheffes. Un dernier taux que le recruteur a jugé réjouissant, tout en soulignant que «les jeunes managers s’orientent trop souvent vers les unités de support, ce qui réduit leur influence sur les affaires.» 

Invité à la conférence de presse, Valentin Vogt, responsable de l’Union patronale suisse a détaillé le code de conduite que s’est fixé l’organisation pour augmenter la présence des femmes, en réponse aux pressions politiques. Car il existe encore des entreprises en Suisse qui n’ont aucune femme ni à la direction, ni au conseil d’administration. C’est le cas de Bobst en Suisse romande.

Dans une étude publiée mardi, EY dresse un tableau moins réjouissant. Si le cabinet de consultants arrive aussi à un taux de 20% de femmes cadres, il constate que «plus de la moitié des entreprises n’associe pas équilibre hommes-femmes et succès économique». Ce, alors que «les entreprises prospères pratiquent nettement plus la promotion des femmes».

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