Le nombre de millionnaires a continué de croître l’an dernier mais leur fortune globale a reculé. En 2011, 11 millions de personnes disposaient d’une fortune disponible supérieure à 1 million de dollars. «Le fait d’être millionnaire se démocratise», a observé Herbert Hensle, responsable des activités de conseil en Suisse chez Capgenimi qui a présenté jeudi à Zurich le 16e rapport sur la richesse mondiale.

La catégorie des personnes qui disposent tout juste d’une fortune disponible de 1 million de dollars a le plus augmenté l’an dernier. Les personnes qui détiennent des avoirs compris entre 1 et 5 millions de dollars ont augmenté de 1,1% à travers le monde. Elles constituent les 90% des millionnaires répertoriés par l’étude du cabinet de conseil. A l’inverse, tout en haut du panier, le nombre des «ultra-riches», les personnes qui détiennent une fortune de plus de 30 millions de dollars a reculé de 2,5%. En 2011, les avoirs des «ultra-riches» ont aussi le plus reculé (–4,9%), davantage que le repli de 1,7% observé chez ceux qui détiennent entre 1 et 5 millions de dollars. En valeur absolue, les 11 millions de millionnaires à travers le monde détenaient une fortune de quelque 42 000 milliards l’an dernier, en recul de 1,7% comparé à 2010. L’année 2011 a marqué un tournant au niveau de la répartition géographique de la richesse mondiale. Pour la première fois, le nombre de millionnaires en dollars habitant dans la région Asie-Pacifique (3,37 millions d’individus) a dépassé ceux qui résident en Amérique du Nord (3,35 millions). Malgré la forte progression du nombre de millionnaires dans les marchés émergents comme le Brésil ou la Chine, le trio de tête comprenant les Etats-Unis, le Japon et l’Allemagne comptait à lui seul toujours plus de la moitié des millionnaires en dollars à travers le monde. Cette part a même légèrement augmenté à 53,3% du total l’an dernier. Principal changement dans le classement: la Corée du Sud se place désormais au 13e rang, détrônant l’Inde.

La volatilité croissante des marchés représente un défi accru pour les gérants de fortune, observent les auteurs de l’étude. De plus, les coûts croissants liés à l’évolution de la réglementation réduit leurs marges. Ainsi, en 2007, le rapport entre les charges et les produits pour les banques se limitait à 63,7%. En 2010, ce ratio a grimpé à 79,8%, ce qui signifie que les coûts représentent les quatre cinquièmes des revenus des gérants de fortune. Face à cette évolution, les banques n’auront pas d’autre choix que d’accroître le nombre de clients pris en charge par les conseillers, tout en maintenant la même qualité de services.

Afin d’y parvenir, le cabinet de conseil propose quelques pistes: automatiser davantage les processus de back-office et d’enregistrement des clients, redéfinir les modèles de segmentation de la clientèle, externaliser certaines activités à des sociétés tierces ou encore procéder à des acquisitions qui permettent d’accroître les économies d’échelle.

Pour les gérants de fortune actifs en Suisse, cela impliquera que le montant minimal des actifs sous gestion devra être revu à la hausse. «Auparavant, on parlait de 10 milliards de francs d’actifs gérés au moins pour être rentable, la barre est désormais certainement plus élevée», a estimé Herbert Hensle. De plus, selon l’expert, «les banques privées suisses qui avaient l’ambition de tout faire par elles-mêmes devront certainement abandonner ce modèle d’affaires».

La volatilité croissante des marchés représente un défi accru pour les gérants de fortune