Les Romands ont le goût et l'esprit d'entreprise. En une année, en croissance nette – nouvelles inscriptions moins radiations –, le nombre de nouvelles sociétés a explosé en Suisse occidentale, passant de 1365 en 1999 à 2391 en 2000, ce qui représente un bond de 75,2%. Selon les données récoltées par la société Creditreform, la croissance nette s'établit en moyenne helvétique à 4,3%, le nombre de raisons sociales passant de 9336 en 1999 à 9735 en 2000. La Suisse orientale, la Suisse centrale et le Tessin enregistrent aussi une croissance positive. En revanche, la région zurichoise affiche une baisse de 45,9%. Cette chute, explique Creditreform, est notamment due à un «nettoyage» du Registre du commerce de Zurich, qui a procédé à un examen plus minutieux de ses sociétés, l'opération se traduisant par une augmentation massive des radiations (4481 radiations contre 2902 en 1999).

Au niveau des nouvelles inscriptions, la Suisse occidentale – qui regroupe les six cantons romands – se distingue également par une hausse de 4,9%, à près de 8000 raisons sociales, contre une augmentation de 3,2% pour la moyenne nationale. Responsable chez Creditreform, Eric Girod attribue cette expansion à la bonne situation conjoncturelle qui a particulièrement caractérisé la Suisse romande, région également davantage frappée par la crise des années 1990, et au développement des jeunes sociétés dans le secteur des technologies de l'information.

Quant au nombre de faillites de sociétés, il a baissé au niveau national de 8,4% pour s'établir à 3842, contre 4196 raisons sociales qui ont été radiées en 1999. La diminution des faillites est moindre en Suisse occidentale. Les Romands se «rattrapent» cependant dans le segment des faillites privées, en accroissement de 3%. Pour toute la Suisse, le nombre de faillites (sociétés et privés) a diminué de 2,1%. La baisse est particulièrement importante en Suisse orientale (–16,8%) et en Suisse centrale (–10,9%) alors que Berne, le Tessin et la Suisse occidentale affichent des augmentations respectives de 6,7, 4,5 et 0,8%.

Au total, Creditreform a recensé pour l'année dernière 31 872 nouvelles inscriptions et 22 137 radiations. «Ces deux nombres dépassent les anciens records de 1998 pour les nouvelles inscriptions, et de 1999 pour les radiations», relève encore la firme de renseignements commerciaux.

Conseiller aux entreprises au sein du Département genevois de l'économie, Alain Blanchoud signale pour sa part que cette explosion de nouvelles sociétés s'observe surtout dans le secteur des technologies de l'information.

Boom des technologies de l'information

Sur 913 contacts établis par le Guichet pour entreprises mis en place depuis deux ans à Genève, 170 ou 19% du total ont concerné ce domaine économique. La totalité des dossiers étudiés par le Genevois ont eu trait à des entreprises en création ou en développement. Les jeunes entrepreneurs proviennent surtout du Poly, des HES ou des universités, mais sont aussi issus des nombreuses multinationales qui existent à Genève et dans l'Arc lémanique.

Des nuages s'amoncellent cependant dans le secteur des start-up. Selon les estimations de Creditreform, le nombre de faillites d'entreprises âgées de 1 à 2 ans a augmenté de 0,5% en 2000, alors que les segments 2 à 5 ans, 5 à 10 ans, 10 à 20 ans et plus de 20 ans ont tous affiché une baisse en la matière. Plus de la moitié des faillites de S. à r.l. (sociétés à responsabilité limitée, forme juridique appréciée par les responsables de start-up) concernent des sociétés très jeunes, âgées de 2 à 5 ans.