Le nombre de plateformes diminuera

Au sein du financement participatif, le «crowdlending», l’octroi de crédits entre particuliers, est le segment qui a le plus progressé en Suisse en 2014, avec un volume de prêts qui a doublé à 3,5 millions de francs l’an dernier. Cette forme de financement ne représente toutefois qu’une fraction du marché, qui pèse 3,9 milliards de francs.

Miteinander-erfolgreich.ch est le cinquième de ce type en Suisse. La plateforme zougoise Cashare.ch, aussi active dans le «crowdsupporting», facilite l’octroi de petits crédits entre particuliers depuis 2008. La plateforme genevoise Wecan. fund, lancée ce printemps par Vincent Pignon, chercheur à la HEG de Genève, cible, elle, les start-up et les petites entreprises. Elle permet à des particuliers d’octroyer des prêts aux entreprises, avec des montants allant de 5000 à 1 million de francs. Elle analyse aussi le risque des sociétés à la recherche de fonds.

«Deux à trois acteurs»

S’y ajoute la plateforme zurichoise CreditGate24, qui propose surtout des crédits à la consommation ou pour les privés. Ou encore Veolis, un site de financement participatif genevois qui veut faciliter le développement de projets ou d’innovations en lien avec le développement durable.

Cinq plateformes sur ce créneau en Suisse, est-ce trop? Professeur à la Haute Ecole de Lucerne, Andreas Dietrich le pense, même si ce mode de financement est en pleine expansion aux Etats-Unis, en Grande-Bretagne et en Allemagne. «A la fin, il ne restera pas plus de 2 ou 3 acteurs, car il faut d’importants volumes, de 50 à 100 millions de francs, pour rentabiliser de telles plateformes», estime-t-il. En revanche, se concentrer sur un domaine précis lui paraît être un atout: «Dans le «crowdfunding», Wemakeit est spécialisé dans le domaine culturel, tout comme Ibelieveinyou l’est dans le sport. Dans ce contexte, avoir un site dédié uniquement aux PME peut aussi renforcer sa crédibilité», juge l’expert.