Au nombre de 156 en 2009, les banques étrangères en Suisse n’étaient plus que 111 à fin 2015. A la question de savoir s’il a un sentiment de culpabilité au vu de la diminution du nombre des membres de son organisation, Martin Maurer, le directeur de l’Association des banques étrangères en Suisse (ABES), ou foreign.banks.in switzerland, répond clairement par la négative. «Les établissements étrangers restent le plus grand groupe de banques en Suisse», a-t-il mis en perspective lors d’une présentation organisée par la Chambre de commerce britannico-suisse (BSCC) mardi à Zurich.

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Les banques étrangères en Suisse représentent quatre établissements sur dix dans le pays et emploient près d’un cinquième de l’ensemble du personnel bancaire helvétique. En comparaison, il y avait en tout 266 établissements à fin 2015, comparé à 325 instituts en 2009.

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Le mouvement de consolidation se poursuivra

Selon le directeur, le processus de consolidation va se poursuivre parmi les banques étrangères en Suisse, à l'instar du reste du secteur. Il évoque plusieurs forces qui soutiennent cette évolution. Tout d’abord, la disparition pure et simple d’établissements suite à une faillite, une situation rare toutefois. Ensuite, certains établissements se sont retirés de la Suisse à la suite d’une décision négative de la maison-mère, comme cela a été le cas pour une filiale de Standared Chartered après la crise financière. S’y ajoute la transformation des activités de gestion de fortune. «La banque privée est devenue une activité complètement différente en une dizaine d’années», estime-t-il. «Heureusement, tous les actifs des banques étrangères présentes en Suisse qui ont quitté le pays ou qui ont été rachetées ne sont pas partis en dehors de nos frontières», ajoute-t-il.

Les licences bancaires complètes ne sont plus adaptées aux besoins du marché

Dans l’ensemble, la qualité des services et le niveau avancé de la place financière suisse en matière de technologies restent les deux grands atouts qu’elle peut exploiter. En revanche, il considère que le système actuel d’octroi des licences bancaires est «quelque peu dépassé». Beaucoup d’acteurs sur le marché financier sont spécialisés dans un segment bien précis, ils n’ont donc pas besoin d’avoir accès à toute la palette des services bancaires.

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A propos de l’échange automatique de renseignements (EAR) qui sera appliqué dès 2018, Martin Maurer estime que, même à l’ère de la transparence fiscale, la protection des données bancaires demeurera un atout à faire valoir pour les banques étrangères. «Les banques doivent comprendre que la protection des données exigée en Suisse reste une proposition de valeur importante pour la clientèle», estime-t-il.

Troisième groupe de banques en 2015

Le groupe des banques étrangères est celui qui a essuyé le plus fort recul du nombre de ses membres au cours des dernières années, passant de 118 établissements en 2014 à 111 instituts à fin 2015, soit un recul de 6%, selon les données du dernier «Baromètre bancaire» publié par l’Association suisse des banquiers (ASB). Côté taille de leurs actifs, le recul est moins prononcé: en 2015, les banques étrangères ont vu le total de leurs bilans s’établir à 333,7 milliards de francs (353,5 milliards en 2014), soit une baisse de 5,6%. Toutes catégories d’établissements confondues, le total des bilans n’a diminué que de 0,5% à 3026 milliards à fin 2015.