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La valeur de l’indépendance se mesure au fait qu'elle soit «réelle, observable, démontrable et pérenne».
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Gestion

Non, les gérants de fortune indépendants ne disparaissent pas

La valeur de l’indépendance est démontrée dans un ouvrage du banquier Julien Froidevaux qui analyse l’impact de nombreux critères sur la gestion 

Avec les réglementations et la crise financière, le nombre de banques de gestion est tombé de 171 à 112 en dix ans et les marges sont au plus bas, selon KPMG. La consolidation promise n’a pas provoqué la disparition des gérants de fortune indépendants que plusieurs experts anticipaient. Une étude de Credit Suisse en compte plus de 2500. Quant à la taille, les évaluations varient entre 500 et 600 milliards de francs. Les gérants indépendants traversent mieux que prévu le tsunami bancaire.

La fin du secret bancaire a tout modifié, en particulier les rémunérations hors normes avec une structure légère, note Julien Froidevaux, gestionnaire auprès de la banque Piguet Galland. Il en a résulté une réduction du nombre d’acteurs historiques, mais «l’arrivée de nouveaux gérants extrêmement professionnels a fait que le nombre total de gérants indépendants ne s’est pas effondré», écrit-il.

L’indépendance et la performance

Julien Froidevaux se penche sur la valeur de l’indépendance dans une thèse prolongée aujourd’hui par un ouvrage: Vertus de l’indépendance dans la gestion de fortune (Editions Slatkine, 2018, 278 pages). «Il n’existe à ce jour pas d’autres thèses doctorales couvrant de façon aussi large le domaine des services pour gérants indépendants», déclare l'auteur.

Julien Froidevaux cherche à savoir si l’indépendance conduit à produire de meilleurs résultats en termes de performance de gestion ainsi qu’une meilleure qualité de service.

L’indépendance se caractérise par une distance réelle à l’égard des banques dépositaires utilisées et la délimitation claire des responsabilités de chaque acteur dans l’intérêt du client. La diversification des banques dépositaires est également cruciale. La taille du gérant est également une source d’indépendance dans le sens où une profitabilité supérieure accroît la flexibilité et l’indépendance. Les rétrocessions ne sont pas un mal en soi, mais il faut qu’elles soient transparentes. Le degré d’indépendance doit beaucoup à la structure même du gérant, laquelle est elle-même fonction de la culture d’entreprise.

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La performance apportée par l’indépendance ne se réduit pas à un chiffre ou un pourcentage. C’est une notion que Julien Froidevaux aborde à travers une multitude de critères. L’auteur identifie les variables à contribution globalement positive pour une société de gestion. Il se penche sur la question à travers un sondage représentatif auprès des gérants et emploie des régressions mathématiques pour déterminer les relations causales.

Pour réussir dans le nouvel environnement réglementaire, fiscal et financier, le sondage révèle que les facteurs essentiels sont la réputation, l’indépendance, la qualité et la stabilité du personnel ainsi que le temps consacré aux clients. Le modèle optimal retenu a un pouvoir explicatif de plus de 83%.

Surperformance de 2,6 ou 2,7%

Julien Froidevaux insiste sur la valeur de l’indépendance, laquelle doit être «réelle, observable, démontrable et pérenne» et la «capacité à garder l’humain au centre de la relation». Une thèse qui appuie donc ce que le sens commun et l’expérience laissent supposer: le gérant indépendant doit créer une réelle plus-value.

Dans la gestion d’actifs, la gouvernance, en termes d’alignement des intérêts, a été appuyée par diverses études. L’implication claire du gérant dans son fonds de placement conduit à une surperformance de 2,6% à 2,7% par an selon les études. D’autres facteurs sont aussi importants, comme les frais ou la durée de gestion du gérant. Mais le niveau de frais n’est pas le critère ultime. Il passe derrière la persistance du style de gestion et la politique d’allocation des actifs. 

La satisfaction des clients dépend en premier lieu de la performance des portefeuilles gérés. C’est une condition de relation pérenne même si ce n’est pas nécessairement la principale. Les trois facteurs clés, sous l’angle des services, sont: le temps consacré aux clients, la durée de la relation et la capacité à résoudre des problèmes. La preuve est faite. «L’avenir de la profession se jouera probablement en partie sur la définition et l’application des critères qui détermineront la notion d’indépendance», conclut l’auteur. Finalement, le qualitatif importe davantage que le quantitatif.

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