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«Si fiscalement la situation se détériore, je n’hésiterai pas à délocaliser le siège de l’entreprise», affirme Sébastien Eberhard, le directeur de Solaxess.
© Solaxess / Capture d'écran Youtube

Energie

Le «non» à la RIE III pourrait pousser Solaxess à délocaliser

La société neuchâteloise démarre la vente de ses films nanotechnologiques blancs et colorés aux fabricants de panneaux photovoltaïques. Elle vient de conclure un accord avec un groupe industriel allemand

Sébastien Eberhard, le directeur de Solaxess, se dit déçu du «non» à la RIE III, même si dans l’immédiat sa start-up n’en subit pas les conséquences. «Environ 95% de notre clientèle est étrangère et nous démarrons actuellement notre phase commerciale. Si fiscalement la situation se détériore, je n’hésiterai pas à délocaliser le siège de l’entreprise, affirme le directeur de cette start-up qui développe des films nanotechnologiques destinés aux panneaux photovoltaïques. Il y a aussi des incertitudes quant aux dépenses de recherche et développement que la réforme devait encourager par des déductions.»

Lire aussi: A quoi pourrait ressembler la future «RIE III bis»?

La technologie de films nanotechnologiques blancs et colorés a vu le jour au CSEM à Neuchâtel. Créée en janvier 2015, la start-up Solaxess en a acheté une licence exclusive qui englobe trois brevets. Après avoir travaillé pendant deux ans à l’industrialisation du produit, la société de cinq personnes entame sa phase de commercialisation. Elle a conclu un accord au mois de janvier avec un important groupe industriel allemand, chargé de fabriquer des rouleaux de films nanotechnologiques. Ces derniers seront intégrés dans la fabrication des panneaux photovoltaïques qui deviendront dès lors complètement blancs ou colorés.

Intérêt des architectes

«Les panneaux photovoltaïques pourront se substituer aux matériaux de construction, pour un coût quasi équivalent. Ils pourront remplacer petite à petit les plaques de verre, de béton ou le crépi des façades. L’avantage est que les façades deviendront actives et permettront au bâtiment d’être autonome d’un point de vue énergétique, affirme Sébastien Eberhard, également promoteur immobilier. En posant entre 40 à 50 mètres carrés de panneaux photovoltaïques sur les façades d’une maison individuelle, il est possible de couvrir tous ses besoins en électricité.» Les panneaux photovoltaïques blancs ou colorés, posés en façade, peuvent être rentabilisés entre 7 à 9 ans mais les films nanotechnologiques réduisent toutefois leur efficacité de 25% à 37% par rapport à du photovoltaïque traditionnel.

Lire aussi: RIE III: l’économie face au désaveu populaire

La jeune entreprise prévoit de réaliser un chiffre d’affaires de 20 millions de francs d’ici trois ans et espère rapidement passer en phase de croissance accélérée. Actuellement hébergée au sein de Neode à Neuchâtel, Solaxess espère produire plus d’un million de mètres carrés de films nanotechnologiques d’ici cinq ans. Plusieurs projets tests ont déjà été effectués. Le premier immeuble équipé avec la technologie de la start-up sera terminé en avril à Boudry (NE).

D’autres projets suivront. «Plusieurs fabricants de panneaux photovoltaïques attendent que ces films nanotechnologiques sortent de production pour les proposer à leurs clients, explique Sébastien Eberhard. L’architecte qui conçoit le nouveau siège de la Banque du Maroc a déjà manifesté son intérêt, tout comme d’autres architectes qui prévoient de recouvrir des bâtiments emblématiques au Qatar, aux Etats-Unis et en Europe.»

Le directeur de la start-up, lauréate en novembre dernier du Prix climatique Zurich Suisse, aimerait acheter les outils de production pour rapatrier la fabrication des films en Suisse. «Mais, si fiscalement la situation n’est pas attractive, la production restera en Allemagne», dit-il.

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