A Pékin, les premiers signes de l’automne ne se manifestent pas seulement sur le thermomètre: les purificateurs d’air et les masques reprennent actuellement du service. Après un mois de septembre presque correct, la pollution vient de faire son grand retour dans le nord-est de la Chine, et Pékin s’est réveillé, hier et aujourd’hui, dans un épais nuage filtrant les rayons du soleil. Ce matin, à neuf heures, le niveau de particules de taille inférieure à 2,5 microns atteignait 392 microgrammes par mètre cube, soit plus de 15 fois les 25 microgrammes considérés par l’OMS comme un niveau raisonnable.

Dans la nomenclature de l’ambassade des Etats-Unis, dont les relevés font référence et figurent sur la plupart des applications pour smartphone servant à suivre l’évolution de la situation en temps réel, cela constitue un niveau «dangereux» («hazardous» en anglais). Cette situation illustre la complexité du sujet pour le pouvoir chinois. La plupart des spécialistes des questions environnementales, et des industriels, ont constaté, ces toutes dernières années, une réelle prise de conscience de la gravité de la situation de la part des autorités. Mais la résolution du problème prendra nécessairement plusieurs années, puisqu’il s’agit à la fois de s’attaquer au degré de raffinage du carburant utilisé par les véhicules, à la consommation d’essence de ces mêmes véhicules, tout en améliorant très sensiblement la qualité des installations industrielles environnant la capitale chinoise – et en démantelant les plus obsolètes.

Un chantier gigantesque, dont l’urgence ne fait plus de doute: la population de la capitale affiche désormais, vis-à-vis de la pollution atmosphérique, une réelle exaspération, ce qui en fait l’un des tout premiers sujets sur le plan politique.

Tokyo tranche dans le débat brûlant sur la catastrophe de Fukushima

Après des années de débat, l’Autorité japonaise de régulation du nucléaire (NRA) vient d’indiquer que la catastrophe de Fukushima n’avait pas été enclenchée par le tremblement de terre qui a frappé la région le 11 mars 2011 mais bien par le tsunami qui a suivi la secousse. Cette conclusion, qui apparaît dans un rapport rendu hier par l’Autorité, pourrait avoir des implications profondes dans le débat sur la relance du parc nucléaire dans l’Archipel. Nombre d’opposants au rallumage des centrales assurent, eux, que la catastrophe avait déjà été enclenchée à Fukushima par le séisme et refusent dès lors le redémarrage de toutes les tranches situées sur des zones jugées instables.

Selon l’autorité de régulation, les données de température ou de pression relevées, par l’électricien Tepco, dans la tranche numéro un de la centrale de Fukushima Daiichi immédiatement après la secousse montrent que l’électricité continuait d’alimenter correctement les systèmes de refroidissement des tranches.

C’est, estiment les experts, l’arrivée, 45 minutes plus tard, de vagues géantes qui a détruit le réseau électrique du site ainsi que les générateurs de secours qui auraient dû prendre en charge l’alimentation des systèmes d’urgence. Jusqu’ici, les études officielles lancées par Tokyo pour comprendre le déroulé de la crise de 2011 s’étaient montrées moins conclusives. Une enquête parlementaire avait notamment indiqué que le tremblement de terre avait, lui-même, causé des dégâts considérables sur le site. L’actuel gouvernement de Shinzo Abe est très favorable à un redémarrage dans les prochains mois d’une partie des 48 réacteurs du pays, qui sont actuellement tous à l’arrêt.

Pékin sur tous les fronts pour soutenir son économie

Encore un signal mitigé pour l’économie chinoise. Le secteur des services, qui apparaissait comme le seul résistant au coup de frein ambiant, vient de décevoir au mois de septembre. L’indice des directeurs d’achats publié par HSBC et Markit s’est établi à 53,5 points le mois dernier, soit légèrement moins que les 54,1 observés en août. Cela reste un chiffre très supérieur à la barre des 50, ce qui signifie que le secteur tertiaire reste en expansion en Chine. Mais même lui voit son rythme de croissance ralentir.

Une statistique dont la publication intervient au moment où l’industrie semble clairement dans une mauvaise passe (avec une production industrielle dont la croissance est au plus bas depuis cinq ans). De fait, le marché immobilier se retourne, ce qui a des répercussions négatives sur une partie de l’activité industrielle.

Dans ce contexte difficile, les autorités multiplient les mesures de soutien. Pas une semaine ne s’écoule sans que Pékin n’annonce un geste dit ciblé. En matière monétaire, les autorités ont donné un meilleur accès aux liquidités aux banques censées financer prioritairement les PME et l’économie agricole – une manière de tenter d’éviter que le crédit n’aille majoritairement financer des groupes d’Etat largement inefficaces. Il y a une semaine, des mesures très fortes de soutien à l’acquisition de biens immobiliers ont été prises, ce qui constituait un renversement de la tendance, à l’œuvre depuis quatre ans, consistant à lutter contre la spéculation immobilière. Et ce matin, on apprend que le premier ministre a promis des investissements «majeurs» cette année, dans le domaine des réseaux d’information et de l’environnement. Li Keqiang précise que des ajustements ciblés seront faits afin de soutenir l’économie. Bien qu’il s’en défende, le pouvoir chinois est donc en train de déployer toute la panoplie de ses moyens (monétaires et budgétaires) pour soutenir l’activité économique. Le premier impératif reste d’éviter à tout prix que l’inquiétude ne s’installe au sujet de la deuxième économie mondiale.