Planète finance

Normalité, le retour

La volatilité se trouve à son niveau le plus bas en 24 ans, parce que Donald Trump semble en passe de devenir un président normal. Des signes montrent que les marchés prennent la même direction

Les marchés ont atteint un niveau de volatilité qu’ils n’avaient plus connu depuis 1993. Cela fait 24 ans que le risque n’a pas été perçu comme étant aussi faible. Le monde occidental vient de sortir d’une période d’agitation politique comme il en a peu connu. Si les investisseurs sont à ce point optimistes, c’est peut-être parce que Donald Trump n’a rien fait de mal, finalement. Le président américain n’a pas lancé une vague protectionniste. Il n’a pas déclaré une guerre commerciale à la Chine. Mieux encore, il vient même de conclure un accord commercial avec Pékin, qui pourra acheter du bœuf made in USA.

C’est d’ailleurs l’une des rares concrétisations de son administration, qui n’a pas avancé sur la réforme fiscale ni sur le programme d’investissements massifs dans les infrastructures. Mais au moins, il n’a pas provoqué de nuisance, c’est tout ce qui compte. Si on s’en tenait à ces seules données, on pourrait presque croire que le blond occupant du bureau ovale devient un président normal.

Côté européen, la disparition du risque politique en France alimente la confiance dans la zone euro, qui n’a jamais été aussi élevée depuis 2007. Le fait qu’Emmanuel Macron ait écarté les extrêmes de la route vers l’Elysée a été le point d’orgue de trois mois pendant lesquels les actions de la zone euro ont superformé l’indice global MSCI World de plus de 8%. Cette performance se classe dans le top 2% des chiffres enregistrés depuis le lancement de l’euro.

Ajoutons à cela la solidité des résultats des entreprises publiés cette saison et on comprend que la volatilité se trouve si bas. Sauf que des signes apparaissent montrant que la fin du cycle haussier n’est peut-être plus si lointaine.

Aux Etats-Unis, la performance du S&P 500 est tirée par un nombre limité de titres. L’indice a bien gagné environ 7% depuis janvier, mais près de la moitié de cette performance a été fournie par dix titres, dont Amazon et la maison-mère de Google, Alphabet, pesant 18% de la capitalisation boursière totale. Sans eux, la progression aurait été de 2%. Si l’on retire 40 actions, soit 8% de la cote, qui représentent 34% de la «market cap», le S&P n’aurait pas progressé cette année. Cette configuration est un grand classique des fins de cycle. Après une période de hausse qui a surpris par son ampleur et sa durée, elle annonce, là aussi, le retour de la normalité.

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