Le Temps: Des projets d’expansion pour votre groupe?

Eric Fassbind: S’implanter à Zurich, ville où la concurrence fait rage avec de nombreux nouveaux hôtels, a représenté un tournant pour nous au mois d’avril. Il faut désormais digérer cette acquisition, restructurer les activités, insuffler à l’établissement notre culture et philosophie d’entreprise, avant de penser à d’autres villes. Reste que nous visons Bâle et pourquoi pas un renforcement dans les centres urbains où nous sommes déjà présents. J’analyse de nombreux projets, mais peu aboutissent. Ils doivent correspondre à nos critères. Pour le Senator, cela faisait cinq ans que j’étais sur le dossier.

– Y a-t-il surcapacité à Zurich?

– L’avenir nous le dira. Mais les projets d’implantations abondent. Je constate ainsi que les prix dans la capitale économique du pays sont beaucoup plus bas qu’à Lausanne ou Genève. De l’ordre de 25% au moins. Il est beaucoup plus difficile de tirer les tarifs vers le haut à Zurich.

– Vous publiez depuis peu les principales performances économiques de quatre de vos hôtels. Pourquoi? En tant que groupe familial rien ne vous y oblige…

– On entend beaucoup de rumeur sur les résultats de l’hôtellerie. Mais force est de constater que le public reçoit principalement des informations sur les performances du secteur luxe. L’actualité sur l’hôtellerie milieu de gamme n’est que rarement abordée. Fassbind Hotel a décidé de faire dorénavant, trimestriellement, un point succinct sur la marche de ses affaires. En présentant les principales performances économiques de ses quatre hôtels, le public pourra se faire une idée sur la conjoncture de l’hôtellerie de ville de milieu de gamme.

– Votre frère Marc s’occupe des deux hôtels genevois du groupe. Quelle est la force d’une entité familiale?

– Je serais davantage tenté de parler de gestion collégiale que familiale. Il n’y a pas de grand chef. Tous les employés mettent la main à la pâte. Le manager connaît tous ses collaborateurs et n’a pas de secrétaire. Fondamentalement, tout le monde est impliqué, a conscience qu’il est son propre manager. La femme de chambre par exemple ne s’occupe pas que de nettoyer les chambres. Nos structures sont simplifiées à l’extrême, en atteste l’absence d’un département ventes. Ce qui peut être perçu comme une hérésie dans notre milieu. Au final, les prises de décisions sont nettement accélérées. Et surtout, nous sommes des hôteliers pas des financiers. Le groupe est ainsi exempt de toute dette bancaire. La famille doit vivre de ses activités, mais ne pas hésiter à se remettre en question.

– Songez-vous à vendre le groupe?

– Absolument pas. Cela n’est pas prévu, à moins que les circonstances de la vie ne nous y contraignent. Ce ne sont cependant pas les offres qui manquent, aucune ne méritant toutefois que l’on s’y attarde.